lundi 25 juin 2012

Bénin/Gouvernance catastrophique


L’ordre des avocats dénonce les abus du gouvernement
La Gouvernance du bénin est marquée, depuis peu par des actes quasiment contraires à la loi. Le gouvernement lui-même les qualifie d’actes de gouvernement et les justifie par la raison d’Etat. Cette situation est préoccupante en ce qu’elle engage la crédibilité de l’Etat, la sécurité juridique, la paix sociale, l’essor économique. Les Avocats, acteurs de premier plan dans la construction au quotidien de l’Etat de droit au Bénin, ont donné de la voix en dressant les constats dont la teneur suit.
I - Les constats
Ils sont d’ordre social, politique et économique :
1° -Au plan social, les syndicats et les associations sont réduits au silence et à la résignation, en raison des mesures arbitraires du Gouvernement ou des sévices et tortures exercées par les policiers et/ou les militaires sur leurs membres lors de divers mouvements de protestation. Ce qui est extrêmement grave, c’est que ces atteintes deviennent de plus en plus fréquentes et banales. Mais en plus, des conflits d’attribution et des actes de violence s’observent entre différents corps de police et de défense.
Ainsi : dans la gestion de la crise du PVI, à la fin de l’année 2011, un douanier fut battu par des militaires au Port, des bureaux de douaniers défoncés par les mêmes militaires ; à la suite d’un incident survenu dans la nuit du 07 au 08 juin 2012, au stade de l’amitié, un policier fut battu à sang par quatre militaires en faction. La presse rapporte à ce sujet, sans démenti des autorités gouvernementales, que lors d’une séance de concertation du haut commandement militaire avec les responsables de la police, un officier supérieur de l’Armée aurait menacé de "pulvériser" le Commissariat Central de Cotonou et le Palais de la Justice si des sanctions étaient prises à l’encontre des militaires auteurs des faits.
2° -Au plan politique, le dialogue et les débats d’idées sont quasi inexistants. Les partis dits d’opposition n’ont pas libre accès aux médias de service public et les organisations politiques peinent à trouver le consensus nécessaire autour des questions prioritaires du fonctionnement de l’Etat, de la justice sociale et de l’expression démocratique notamment celle urgente de la correction de la LEPI.
3° -Au plan économique, l’environnement des affaires souffre de la morosité ambiante, de la mal gouvernance, de l’instrumentalisation de l’administration fiscale. Le redressement fiscal devient l’arme pour inquiéter ou réduire au silence les acteurs économiques nationaux qui comptent et qui opèrent dans les secteurs d’activités légales. Cette situation contraint certains opérateurs économiques à délocaliser leurs activités dans d’autres pays de la sous-région et donc à procéder à des licenciements avec la large panoplie de répercussions sociales. En contrepartie, l’informel et l’illégal dont il serait inexact de soutenir qu’ils contribuent au fisc, occupent l’espace à l’échelle nationale, au vu et au su des autorités compétentes.
A l’analyse, les droits humains, notamment les droits civils, politiques sociaux et économiques, se révèlent la cible des actes attentatoires du Gouvernement de notre pays ou de certains fonctionnaires de l’Etat qui se sont mis au service de causes particulières contraires à leurs devoirs citoyens. Ces actes qui sont posés avec une fréquence inquiétante depuis quelques mois, dans l’indifférence craintive des forces vives de la Nation et dans le silence complice de la société civile, des élus et des partenaires au développement violent les fondamentaux de l’Etat de droit et portent gravement atteinte autant à la liberté des personnes qu’à la jouissance paisible de leurs biens.
Le Barreau du Bénin a donc l’impérieux devoir d’appeler à la mesure, à la vigilance, et au respect des lois en vigueur.
II - L’Appel
 - Considérant que les faits ci-dessus rappelés constituent très souvent les germes des troubles sociaux dans bien de pays,
- Considérant qu’à la Conférence des Forces vives de la Nation de février 1990, les militaires se sont solennellement engagés à retourner dans leurs casernes pour se consacrer à leur mission principale de défense de l’intégrité territoriale et que sollicités exceptionnellement pour servir au développement du pays, ils ont le devoir de poser des actes, non d’affrontement mais de consolidation de l’Etat,
- Considérant que le dialogue et la cohésion sont incontournables au Bénin et que le débat libre et non manipulé des idées est nécessaire,
Nous, Avocats au Barreau du Bénin, épris de paix, de justice sociale et attachés au respect de la loi et des principes de démocratie,
- réprouvons les multiples cas de violation des droits à la vie, à la sécurité des personnes et de leurs biens, et de manière générale les violations des droits de la personne humaine par le Gouvernement,
- réprouvons les actes de violences et de tortures imputables aux forces de l’ordre en général et affirmons à l’endroit des militaires et des forces de police que leur sollicitation exceptionnelle par les autorités politiques pour des besoins de service public et d’intérêt général ne peut justifier les dérives constatées,
- affirmons à l’endroit des fonctionnaires et autres agents de l’Etat que l’administration publique doit rester un univers de justice et de respect des lois en vigueur. Elle doit rester neutre et ne se prêter ni à l’arbitraire d’ordre politique ponctuel ni à l’expression de préférences politiques personnelles,
- rappelons à l’attention de tous les fonctionnaires civils et militaires que " tout individu, tout agent de l’Etat est délié du devoir d’obéissance lorsque l’ordre reçu constitue une atteinte grave et manifeste au respect des droits de l’homme et des libertés publiques " (article 19 alinéa 2 de la constitution),
- invitons les autorités politiques, civiles et militaires à revenir à l’orthodoxie, aux bonnes pratiques, aux valeurs et au respect des textes en vigueur,
- invitons enfin tous les citoyens à la veille citoyenne et à la défense des acquis démocratiques.
Fait à Cotonou, le 22 juin 2012
Arthur A. BALLE
P/S Guy-Lambert YEKPE,
Doyen du Conseil de l’Ordre

L’Eglise Catholique donne de la voix !
Appréciant la situation socio-politico-économique qui prévaut actuellement au Bénin, l’IAJP (’Institut des Artisans de Justice et de Paix/le Chant d’Oiseau lance un appel à une « prise de conscience réconciliée ». Lire ici l’intégralité de l’appel de l’Institut « Chants d’oiseau » de Cotonou.

APPEL A UNE PRISE DE CONSCIENCE RECONCILIEE
L’Institut des Artisans de Justice et de Paix/le Chant d’Oiseau dont la mission est de promouvoir dans l’Esprit de l’Evangile, la réconciliation, la justice et la paix, après avoir suivi attentivement tous les soubresauts, économiques, sociaux et politiques qui ralentissent gravement le processus démocratique au BENIN, ose aujourd’hui faire appel à une prise de conscience réconciliée.
Nous avions en son temps marqué notre surprise quand les politiciens occidentaux déclaraient que « le Etats n’ont pas d’amis, mais des intérêts » et force est d’ajouter à cette assertion si troublante deux autres qui nous poussent à de sérieuses interrogations : « Les politiciens n’ont pas d’amis, ils n’ont que des intérêts » et « les affairistes n’ont pas d’amis, mais que des intérêts ». Ce sont en effet, les hommes politiques et les hommes d’affaires qui, orientés par des idéologies multiples, transforment les Etats en technocratie d’intérêts, alors que le souci primordial de l’homme en son intégralité n’apparaît plus que comme un mince et fragile couche de vernis recouvrant une désintégration sociale bien avancée.
Qui du politique du politique ou de l’entreprise a raison ? Là n’est pas la question. Les passes d’armes, médiatique justifiant ou incriminant les attitudes et décisions politiques unilatérales du pouvoir régalien sur l’entreprise ressemble à quelques uns de ces nombreux feuilletons télévisés dont se régalent les téléspectateurs, ici la société civile dans son ensemble sans qu’un sursaut patriotique tous azimuts exigent vérité et justice dans un esprit d’impartialité. Toutes nos institutions sociales, politiques et juridiques devant servir de contre pouvoir et de modération des pouvoirs semblent excessivement se murer dans un devoir de réserve augurant de la triste politique de l’autruche.
Toujours est-il que le processus conflictuel interne dans lequel notre pays s’engage avec la complicité complaisante, voir bienveillante de tous ses citoyens, surtout de ses cadres qui en portent actuellement une haute responsabilité morale, nous propulse aujourd’hui, dans ce contexte politique et économique au BENIN, dans une terrible dictature de la démocratie.
Toutes ces bagarres du faux pour le triomphe du faux, tous ces trafiques du mensonge en politique prônés comme normes et vertus sociales, nous conduisent à nous poser sous forme d’invitation à réfléchir et à méditer les questions suivantes :
1- Aimons-nous vraiment notre pays ?
Les abondantes déclarations d’amour patriotiques ne suffisent pas pour rendre crédible. Aimer suppose d’abord une humble capacité à se mettre au service de l’autre, de la patrie avec abnégation et persévérance. Est-ce vraiment ce que nous observons de nos politiques, entreprises et aussi de nos simples citoyens ?
2- Pensons-nous vraiment à l’avenir de nos enfants ?
En chantant notre hymne nationale, nous évoquons la postérité sans malheureusement réellement prêter attention aux paroles qui plus qu’un engagement, sont un devoir de sacrifice de soi pour inculquer les valeurs les plus élevées à nos enfants par le témoignage du très bon exemple . Mais aujourd’hui, nos enfants savent que « mentir vertement » peut-être une épitaphe à ajouter à nos monuments aux morts. « Aux enfants du BENIN morts pour la patrie » pourrait bien dans le contexte actuel se traduire « Aux enfants du BENIN mentant bien à la patrie ».
3- Pourquoi n’avons-nous pas la grande simplicité, voir l’humilié de reconnaitre nos erreurs et nos échecs pour mieux rebondir ?
Nous reconnaissons ici que nos politiciens et entrepreneurs actuels n’ont pas dans leur ensemble hérité du bon exemple. Très peu d’hommes politiques du passé, de même que très peu d’entrepreneur de ce même passé n’ont osé faire un examen de conscience pour reconnaitre à titre personnel leurs efforts à succès et leurs efforts à échecs, leurs abus du système et leurs graves manquements. Certains se présentent encore à vous malgré leur sénilité avérée, comme des exemples atypiques à imiter ; ils vous montrent que vivre perpétuellement au crochet de l’Etat-providence en trafiquant des demi-vérités puis des mensonges est la meilleure politique qui soit. Mais faut-il encore continuer à suivre des chemins d’impasse ?
Une chose est sûre : ce qui actuellement au plan social général se passe au BENIN ne sert personne tant l’aujourd’hui que l’avenir. Le bien commun est en péril faute de citoyen ayant la capacité de mortifier leur volonté, leur moi, leur passion aveugle et aveuglée du pouvoir. Nos évêques du BENIN nous enseignaient : « il est vrai, les agissements de certains laissent croire que l’ardeur réformatrice et édificatrice du bonheur national si souvent proclamé n’est qu’une mystification, une couverture, une diversion, pour satisfaire leur volonté de puissance ; volonté de pouvoir, de l’avoir, et de l’exclusivité du savoir, tellement ils font preuve d’une insatiabilité illimitée et spoliatrice des autres et de l’Etat ! »(Cf. lettre pastorale « Convertissez-vous et le BENIN vivra, carême de l’an de grâce 1988). Cette lettre pastorale ne relève pas du passé, elle est actuelle sans besoin d’actualisation.
Tout récemment le Pape Benoit XVI nous exhortait tous dans notre salle du peuple et nous en tirions pleine d’admiration. Il disait : « En ce moment, il y a trop de scandales et d’injustices, trop de corruptions et d’avidité, trop de m »pris et de mensonges, trop de violences qui conduisent à la misère et à la mort. Ces maux affligent certes votre continent, mais également le reste du monde. Chaque peuple veut comprendre les choix politiques et économiques qui sont faits en son nom. Il saisit la manipulation, et sa revanche est parfois violente. Il veut participer à la bonne gouvernance. Nous savons qu’aucun régime politique humain n’est idéal, qu’aucun choix économique n’est neutre. Mais ils doivent toujours servir le bien commun. »(« Aie confiance, Afrique et Lève toi ! », Discours de Benoit XVI au palais présidentiel de Cotonou, 19.11.2011).
Fort de ces questionnements, la parole de Dieu nous engage : « Jésus lui dit : va et toi aussi fais de même. »(Cf ? Luc 10, 37).
Fait à Cotonou, le 19 Juin 2012
Abbé Raymond Bernard GOUDJO
Directeur de l’IAJP- Co secrétaire de la commission épiscopale Justice et Paix-Benin
Secrétaire de la commission justice et Paix RECOWA/CERAO (Conférence Episcopale de l’Afrique de l’Ouest)
La lettre du Professeur Albert Tévoédjrè au Chef de l’Etat
Le Médiateur de la République le Professeur Albert Tévoédjrè, est très préoccupé par la situation socio-politico-économique actuelle du Bénin. Inquiet, comme c’est le cas pour nombre de Béninois, le « Renard de Djrègbé » a réagit en adressant une correspondance au chef de l’Etat avant qu’il ne soit trop tard. Il a ainsi pris l’initiative de faire des propositions au président de la République. Lire ici, et en facsimile, la première partie de sa lettre.


lundi 18 juin 2012

Bénin gouvernance


L’Union européenne s’inquiète de la gestion de Boni Yayi
La délégation de l’Union européenne (Ue) au Bénin nest pas satisfaite de la gouvernance telle que conduite par le régime Boni Yayi. Au cours d’une séance de travail avec le chef de l’Etat béninois, tenue ce vendredi 15 juin 2012, les diplomates français, allemand, belge, danois et hollandais accrédités au Bénin, sous la conduite de Françoise Collet, chef de la délégation de l’Ue, ont fait part de leurs inquiétudes. Notamment an ce qui concerne la gestion des affaires au Bénin  et surtout le respect des acquis démocratiques.
Les développements du dossier relatif au Programme de vérification des importations (Pvi) pour ce qui concerne la gestion des importations au Port de Cotonou et l’épineuse question de la gestion de la filière coton en ce qui concerne les mesures prises, pour sauver la campagne en cours, sont attentivement suivis par la délégation de l’Union européenne au Bénin. A la faveur d’une rencontre avec le chef de l’Etat vendredi 15 juin 2012, les ambassadeurs de la France, de l’Allemagne, de la Belgique, du Danemark et des Pays-Bas, ont recueilli du gouvernement, des explications sur sa gestion des dossiers Pvi et coton qui font couler beaucoup d’encre et de salive. Cette visite revêt une importance particulière, surtout qu’elle intervient la veille du départ du Président Yayi Boni pour le sommet du G20. A y voir de près et selon les observateurs avertis de la vie socio-économique nationale, cette séance de travail démontre que l’Ue suit de près, les réformes en cours au Bénin. Mieux, elle n’entend pas continuer à investir dans un pays où les principes démocratiques sont foulés au pied, et où les opérateurs économiques nationaux sont persécutés au vu et au su de tout le monde. Pour mémoire, Patrice Talon et Sébastien Ajavon, deux opérateurs économiques nationaux, pour ne citer que ces deux, sont dans le viseur du gouvernement. Le premier qui a investi toute une fortune dans le Pvi-nouvelle génération et le coton, est actuellement le souffre-douleur du gouvernement. Le second en ce qui le concerne, est aussi dans l’œil du cyclone avec un redressement fiscal de 35 milliards Fcfa contre ses entreprises. Autant de faits qui ne rassurent pas les diplomates européens accrédités au Bénin. Raison pour laquelle, ils ont tenu à informer de vive voix le chef de l’Etat en personne de la situation, afin de savoir les mesures à prendre, surtout que le Bénin reste un modèle de démocratie. Après les explications fournies par le chef de l’Etat, Françoise Collet et les siens se sont rendu à l’évidence que le gouvernement ne fait rien pour tordre le cou aux principes de l’Etat de droit qui régissent le Bénin et qui sont d’ailleurs chers à l’Union européenne. Au contraire, les récentes interventions du Pouvoir visent à booster l’économie nationale moribonde et en panne de réformes. A cet effet, le gouvernement a reçu les encouragements de la délégation de l’Ue. Toutefois, les diplomates ont attiré l’attention du chef de l’Etat sur un fait : l’importance des réformes et leur réussite ne doivent pas rimer avec la remise en cause des acquis démocratiques. Les deux parties se sont mises d’accord sur le respect des principes. En cas de non-respect desdits principes, le Bénin court des risques au regard des engagements de la communauté internationale vis-à-vis de Cotonou. Au nombre de ceux-ci il y a la perte de l’appui budgétaire non seulement du Fmi, mais aussi des Etats membres de l’Union européenne. Pour ne pas en arriver là, les hôtes du président Yayi Boni ont obtenu la garantie de la bonne mise en œuvre des programmes de coopération entre le Bénin et l’Ue et le respect des principes de l’Etat de droit.

lundi 11 juin 2012

Gouvernance et trop forte implication de l’armée au Bénin


16 000 tonnes d’intrants saisis et un navire arraisonné par l’Etat béninois
L’opérateur économique, Patrice Talon, est en très mauvaise posture avec le gouvernement. Après avoir été gardé à vue, il y a peu au Commissariat central de Cotonou et la suite de la suspension unilatérale de son contrat dans le cadre du Programme de vérification des importations, nouvelle génération, Patrice Talon est à nouveau dans visé par une décision radicale du gouvernement béninois. Son plus grand stock d’intrants a été saisi, et un navire transportant les produits destinés à son entreprise a été arraisonné.
Tôt dans la matinée du vendredi 8 mai 2012, une centaine de militaires fortement armés, et une vingtaine de camions de la gendarmerie, ont débarqué sur le site de la société Atral à Allada. La société appartient à Patrice Talon, l’un des principaux fournisseurs d’intrants coton du Bénin. Le commando conduit par un Colonel de l’Armée et un huissier de justice, a réquisitionné 16 000 tonnes d’intrants. « On est venu, on m’a braqué. C’est le mot, il faut le dire, on m’a braqué. On est venu ramasser avec des camions et des militaires des produits qui sont sous ma garde », a déclaré l’un des directeurs d’exploitation du site. Selon les informations recueillies sur les lieux, l’action du commando ressemble fort à un état de siège et à une mission commandée. Le haut gradé de l’Armée a d’abord menacé les exploitants du site en ces termes : « Je n’ai pas d’explications à vous donner, si vous continuez par résister, je vais prendre mes dispositions ». Les militaires ont ensuite défoncé les portes et se sont orientés vers les quais. Ils ont commencé par embarquer les sacs d’engrais sur le parc. Après embarquement, les sacs d’engrais ont été acheminés vers la partie Nord du Bénin, grande région cotonnière, après une escale dans la région centre. Une situation confuse qui amène bien des acteurs de la scène béninoise à craindre que l’arbitraire prenne le pas sur la légalité dans la gouvernance de l’actuel régime installé à la suite d’élections présidentielle et législatives très controversées.

samedi 2 juin 2012

Crise au Vatican


 La réaction de Benoît XVI


« En dépit de la faiblesse de l’homme, les difficultés et les épreuves, l’Eglise est guidée par l’Esprit Saint », affirme Benoît XVI qui déplore les suppositions qui se sont greffées sur les « événements » qui ont secoué le Vatican notamment depuis mercredi dernier, 23 mai : sans les nommer, le pape évoque le vol de documents et l’arrestation de Paolo Gabriele.
Benoît XVI a évoqué directement ces événements au terme de l’audience du mercredi. Avec l’interview de Mgr Becciu dans L’Osservatore Romano et les déclarations du P. Lombardi, c’est la troisième prise de position officielle sur l’affaire « Vatileaks ». Une prise de position à la fois « au sommet » et venant du principal intéressé.
« Les événements de ces derniers jours, concernant la curie et mes collaborateurs, m’ont rendu profondément triste, mais cela n’a jamais occulté la ferme certitude qu’en dépit de la faiblesse de l’homme, les difficultés et les épreuves, l’Eglise est guidée par l’Esprit Saint, et que le Seigneur ne la laissera pas sans son aide ni sans soutien sur sa route », a déclaré le pape.
Il déplore les « amplification » des media qui déforment la réalité : « Cependant des suppositions se sont multipliées - amplifiées par certains moyens de communication -, tout à fait gratuites et qui sont allées bien au-delà des faits, offrant une image du Saint-Siège qui ne correspond pas à la réalité ».
Enfin, le pape dit sa confiance dans ses collaborateurs : « C’est pourquoi je désire renouveler ma confiance et mon encouragement à mes plus étroits collaborateurs et à tous ceux qui, chaque jour, avec fidélité, esprit de sacrifice et dans le silence, m’aident à accomplir mon ministère ».
Pour sa part, le directeur de la salle de presse du Saint-Siège, le P. Federico Lombardi a rencontré la presse à nouveau ce mercredi, se mettant à la disposition des journalistes pour répondre aux questions : rendez-vous est aussi pris pour demain, jeudi 31, ce qui manifeste la volonté de transparence du Saint-Siège dans cette affaire. Il a évoqué la possibilité de rencontrer un spécialiste des procédures pour les expliquer en détail à la presse.
Il a souligné que les deux enquêtes, celle, plus informelle, de la commission des trois cardinaux - Herranz, De Giorgi et Tomko, qui réfèrent au pape directement - et celle de la gendarmerie vaticane et du juge instructeur Bonnet, se poursuivent. Et qu’une collaboration avec l’Italie n’est pas exclue. Mais le P. Lombardi a démenti aussi différentes affirmations parues dans la presse italienne.