mercredi 5 janvier 2011

Pour satisfaire leur égo face à l’avenir politique du pays

Les politiques béninois jouent avec le destin des Béninois
                                                                   Boni Yayi, président de la République du Bénin

Les hommes politiques béninois se sont engouffrés dans des calculs politiciens un peu trop égoïstes. Ils ont choisi de mettre, et sans retenu, l’intérêt de la nation de côté pour défendre leurs positions, leurs avantages immédiats de sorte de ne craindre, ce qui est une première dans l’histoire de la démocratie béninoise, le pire pour l’ensemble de la communauté nationale. Sinon, comment comprendre l’immobilisme ambiant actuel sur le chemin du processus devant conduire à l’organisation, à bonne date, des élections présidentielle et législatives de mars 2011, une contrainte constitutionnelle par surcroit.
L’article 68 de la Constitution béninoise du 11 décembre 1990 dispose : « Lorsque les institutions de la République, l’indépendance de la Nation, l’intégrité du territoire national ou l’exécution des engagements internationaux sont menacées de manière grave et immédiate et que le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et constitutionnels est menacé ou interrompu, le Président de la République, après consultation du Président de l’Assemblée Nationale et du Président de la Cour Constitutionnelle prend en conseil des Ministres les mesures exceptionnelles exigées par les circonstances sans que les droits des citoyens garantis par la Constitution ne soient suspendus.
Il en informe la Nation par un message.
L’Assemblée Nationale se réunit de plein droit en session extraordinaire »
Si nous nous situons dans le cadre républicain, et que la gouvernance au sommet de l’Etat béninois était lucide et conséquente, le président de la République aurait recouru déjà à cette disposition de la Constitution afin de mettre en vigueur les lois électorales et lancer résolument le processus électoral attendu par les Béninois comme étant un rendez-vous constitutionnel incompressible. Une démarche qui serait même conforme à l’engagement que le président Boni Yayi a été contraint de prendre à New York en présence du secrétaire général des Nations unies il y a quelques semaines. On pourrait relever dans notre logique une insuffisance. Celle qui consiste à résoudre la question de l’ « immédiateté » bien inscrite dans le texte de la disposition constitutionnelle évoquée plus haut. Bien sûr que nous n’avons pas perdu de vue cette réalité. Mais nous sommes au Bénin et nous savons qu’il y a plus de deux ans, le président de la République a pris une ordonnance pour s’autoriser à ratifier un accord de prêt relatif au financement du projet de construction d’épis pour arrêter l’avancée de la mer. Seulement voilà, depuis deux ans, que cette ordonnance a été prise, rien ne laisse présager du démarrage des travaux avant le terme de son mandat en cours. Nous avons dont de bonnes raisons d’indiquer que l’immédiateté dans le cadre de l’organisation des prochaines élections qui devraient se tenir constitutionnellement en mars prochain est une réalité face à un hypothétique projet de construction d’épis. Ainsi, pourrait-on assimiler le silence du chef de l’Etat à une volonté de laisser pourrir la situation actuelle parce que ne voulant pas lui-même de la tenue des élections. Car, même à ceux qui brandiront la volonté du chef de l’Etat de laisser chaque institution jouer son rôle, on peut répondre que non. Puisque, depuis quelques mois au Bénin, il n’est plus possible pour le Parlement de légiférer librement en votant de lois qui ne répondent pas aux aspirations du même président Boni Yayi. La preuve est là que toutes les dispositions législatives votées au Parlement sans son accord sont systématiquement déclarées contraires à la Constitution par la Cour constitutionnelle au sein de laquelle il dispose d’une majorité absolue et à 100%. Il y a en effet désigné la quasi-totalité des membres. Puisque c’est uniquement ce qu’il veut qui peut figurer désormais dans les lois électorales, il est plus productif pour le Bénin, en terme d’énergie, de ressources humaines et de temps, qu’il prenne autant d’ordonnances qu’il veut pour mettre en vigueur les lois électorales taillées à sa mesure pour mettre enfin en route le processus électoral. Depuis quelques mois, les aveugles voient, les sourds entendent et les muets prononcent des mots pour comprendre que l’Etat Yayi est résolument quasiment installé sur la terre des Béhanzin, Bio Guéra etc. Seulement, voilà qu’en démocratie, les Etats du genre ne font pas réélire un président à l’occasion d’une élection transparente et équitable. Les présidents sénégalais Abdoulaye Wade, togolais Faure Gnasingbé, gabonais Ali Bongo, ivoirien Laurent Gbagbo en savent beaucoup. Mathieu Kérékou, en homme averti, en savait beaucoup et a pu tirer royalement son épingle du jeu malgré ses courtisans zélés.
Il serait irresponsable de notre part de rendre strictement Boni Yayi responsable de tout ce qui se joue de cynique et dangereux sur la tête des Béninois. Seulement voilà, avec toute la bonne volonté de l’analyste que nous sommes, bien qu’il y a des actes politiques d’une certaine gravité à mettre à l’actif de l’opposition béninoise, il est une réalité que le régime politique instauré par la Constitution du 11 décembre 1990 est présidentiel avec un président de la République très fort. Un président qui peut gouverner en contournant le Parlement. L’essentiel est qu’il soit clairvoyant de manière à conduire la barque au bon port tout en respectant les grands principes démocratiques, notamment ceux contenus dans la loi fondamentale afin d’éviter les contestations majeures pouvant conduire au chaos.
A R T

mardi 4 janvier 2011

Les mauvaises jurisprudences de 2010 en Afrique de l’Ouest

Le Benin bat tous les records

De l’année 2009 à 2010, l’Afrique de l’Ouest a connu une série d’événements politiques ayant conduit à des actes juridiques de grande portée pour l’avenir du continent. Au nombre de ces actes, il y en a qui, paradoxalement et/ou malheureusement, n’ont eu, ou n’auront, d’effet que l’espace du temps passé au pouvoir par leurs auteurs. Sur ce registre, la Cour constitutionnelle du Bénin se positionne au premier rang. Quelle fatalité !
Tout a commencé par les errements constitutionnels de l’ex-président nigérien, Mamadou Tandja qui s’est vu, à un moment donné, dans la peau de l’homme qui seul connait et peut défendre les intérêts de l’ensemble des Nigériens. Il lui est quasiment arrivé de légiférer par discours ou par intention. En un mot, sa volonté ou ses fantasmes se confondaient aux principes et aux règles constitutionnels, aux normes républicaines tout court. Il a pensé qu’il lui était permis, comme ailleurs en Afrique, de sauter le verrou de la limitation de mandat présidentiel pour s’éterniser au pouvoir. Seulement, dans son égarement constitutionnel, il a oublié qu’ailleurs, ceux qui révisent leur Constitution pour des raisons égoïstes disposent d’une majorité parlementaire confortable pour y arriver. Mais dans le cas de Tabdja, ne disposant pas de majorité, il a préféré dissoudre le Parlement dont la quasi-totalité des députés, qui le soutenaient précédemment, étaient contre son projet, son égarement. C’est là que Tandja venait de faire une jurisprudence inédite en Afrique. La suite, est très illustrative. Tandja est aujourd’hui en résidence surveillée à Niamey, ville sur laquelle il a régné en maître.
Cette mauvaise jurisprudence nigérienne mise entre parenthèse par l’armée républicaine n’a pas servi de leçon ni à Cotonou, ni à Abidjan. En Côte d’Ivoire, c’est Laurent Gbagbo qui, après avoir refusé d’organiser les élections pendant cinq ans (ou dix selon l’entendement), perd la présidentielle dans les urnes et se fait payer une victoire au Conseil constitutionnel en défiant tout le monde au vue et au su de tous. Pire, il force la victoire au Conseil constitutionnel en brandissant le caractère « sans recours » des décisions de l’institution constitutionnelle instrumentalisée. Seulement voilà, c’est encore lui qui propose, quelques jours plus tard, la remise en cause de la décision « sans recours » du Conseil constitutionnel chosifié en proposant la mise sur pied d’une commission internationale de vérification des documents issus de la présidentielle. Quelle contradiction ! Là encore, Gbagbo invente une jurisprudence propre à lui en proposant à la communauté internationale une remise en cause d’une décision en principe « sans recours » issue d’une institution constitutionnelle devant être, en principe, au dessus de la mêlée.
Dans la foulée, le Bénin, à travers sa Cour constitutionnelle, présidée par Robert Dossou, a fait au cours de l’année 2010 une série de « jurisprudences révolutionnaires » qui le placent en tête du palmarès. De mémoire, revenons sur quelques unes. Avec la Cour constitutionnelle de Robert Dossou, une loi ordinaire votée au Parlement pour en modifier une en vigueur peut être remise en cause pour des prétextes fallacieux. Pour cette institution, sous le « changement », on peut faire d’un instrument dont le processus de réalisation à issue incertaine est en cours, une contrainte incompressible dans la perspective d’une élection à échéance fixe. Nous en étions là lorsque la Cour de Robert Dossou nous apprend avec consternation qu’en fait, le Parlement n’a plus le droit de légiférer si ce n’est pour corroborer une décision du gouvernement. Ainsi, désormais au Bénin les députés peuvent ratifier une convention ; voter une loi portant autorisation d’accord de prêt ; ils peuvent voter la loi de finances ; ils peuvent voter un projet de loi, donc issue du gouvernement ; … mais ils n’ont plus le droit de légiférer librement au service de la nation béninoise si tant est que l’objet abordé n’est pas bien accueilli par le gouvernement, pardon, le président de la République. C’est dans cet ordre d’idée que le Parlement béninois ne peut plus fixer, par la loi, le montant de la caution payable par les candidats aux élections présidentielle et législatives. Le Parlement béninois ne peut plus revoir à la hausse le nombre de députés devant siéger à l’Assemblée nationale au regard de l’évolution démographique du pays. Les députés béninois ne peuvent plus…, la liste est longue et place ainsi le Bénin en tête des pays où on fabrique des jurisprudences rien que pour servir un président de la République égoïste qui accepte d’être entouré d’opportunistes serviles. Pourvu que cet état de fait ne conduit pas le Bénin au même port que celui du Niger et de la Côte d’Ivoire…
A R T

lundi 3 janvier 2011

Médiation en Côte d’Ivoire

Le meilleur émissaire de la CEDEAO à Abidjan est Tandja
Le Général Mamadou Tandja, ancien président du Niger déchu par coup d'Etat
Depuis la dernière semaine de l’année 2010, la CEDEAO a entrepris une mission de bons offices auprès du président ivoirien sortant, Laurent Gbagbo, qui s’est imposé au pouvoir en dépit de son échec à la dernière présidentielle organisée dans son pays. Les présidents béninois, capverdien et siéra léonais ont la lourde mission de convaincre leur ex homologue ivoirien à accepter le verdict des urnes en laissant le pouvoir suprême de la Côte d’Ivoire à celui qui est élu par le peuple, Alassane Dramane Ouatara. Le premier déplacement effectué par ce trio de chefs d’Etat n’a visiblement rien donné. En effet, après avoir échangé avec Laurent Gbagbo, le représentant spécial du secrétaire général des Nations unies et Alassane Dramane Ouatara, la délégation de la CEDEAO n’a pu rien obtenu de concret étant donnée la logique de la communauté qui n’a qu’un seul objectif : obtenir la démission de Laurent Gbagbo et installer le nouveau président élu. Un objectif que ne partage pas le président sortant qui continue de faire croire qu’il est celui que le peuple ivoirien a élu lors de la dernière présidentielle tenue dans son pays. Dans cette confusion diplomatique, une nouvelle mission de la CEDEAO conduite par le même trio se rend à Abidjan ce lundi 3 janvier 2011. Cette nouvelle initiative est celle dite de la dernière chance qui précèdera, en cas d’un nouveau refus de Gbagbo, une intervention militaire visant l’installation du nouveau président de la Côte d’Ivoire.
Allier la psychologie à la diplomatie…
Etant donné le caractère ultime de la mission de ce lundi 3 janvier 2011, il importe de prendre toutes les dispositions diplomatiques, psychologiques et dissuasives afin d’obtenir le meilleur résultat possible. Un résultat qui pourrait éviter une intervention militaire de trop dans une sous région plongée dans une morosité économique ambiante. Pour y arriver, nous pensons qu’il y a, au-delà des chefs d’Etat désignés, des personnalités de premier plan en Afrique pour convaincre mieux que quiconque Laurent Gbagbo. Au nombre de celles-ci, il y a l’emblématique Mamadou Tandja du Niger. Une personnalité qui, comme Gbagbo, il y a quelques mois, a quasiment pris en otage les médias publics nigériens, l’armé nigérienne, les institutions de la République nigérienne, etc. en voulant faire du Niger sa propriété dont lui seul connait et peut défendre ses intérêts. Tandja se croyait invincible et pensait avoir le peuple avec lui. Ce peuple qui marchait à longueur de temps pour lui vouer son soutien indéfectible. Ce peuple qui, lors des vox populi, ne prenait que des positions favorables au régime Tandja. Ce peuple qui était subitement absent lorsque le timonier sera déposé par des militaires appartenant à cette même armée qu’il pensait maîtriser dans ses moindres détails. Ce personnage nigérien est très bien indiqué pour jouer les émissaires en Côte d’ivoire. Car, il n’y a pas mieux que Tandja pour comprendre qu’être seul à avoir raison dans un pays moderne, ayant opté pour la démocratie, est une entreprise très dangereuse. Il n’y a pas mieux que Tandja pour avoir les meilleures expressions françaises pour convaincre une personne qui se trouve dans l’état illusoire de Laurent Gbagbo. Il n’y a pas meilleure personnalité pour expliquer à Gbagbo que c’est la même rue que mobilise son mentor de Blé Goudé qui portera en triomphe Ouatara lorsqu’il ne sera plus dans sa position actuelle. Il n’y a pas meilleure personnalité que Tandja pour indiquer à Gbagbo que lorsqu’il ne sera plus l’homme fort qu’il se considère être, des hommes comme l’actuel président du Conseil constitutionnel de la Côte d’Ivoire vont facilement arguer qu’ils ont posé certains actes sous contrainte et contre leur volonté. Le trio de chefs d’Etat commis à la tâche peut encore, avant le lundi prochain, envisager des initiatives comme celles qui consistent à faire appel à des personnalités de la trempe de Mamadou Tandja pour soutenir leurs efforts. Car, cette mission ultime de ce mardi n’a pas le droit à l’échec. C’est pourquoi, la diplomatie doit prendre en compte la psychologie et bien d’autres réalités encore afin que la mission passe et que la Côte d’Ivoire ne casse pas.
A RT.

lundi 27 décembre 2010

Bénin-politique

Jean-Marie EHOUZOU averti


La situation née de la dernière élection présidentielle en Côte d’Ivoire est pédagogique et mérite qu’on en tire de précieux enseignements. Au-delà desdits enseignements, il importe d’attirer l’attention de certaines personnalités publiques en poste au Bénin sur ce qu’il convient de faire pour ne pas se retrouver dans la situation déconcertante que vit actuellement le régime de Laurent Gbagbo. En réalité, Laurent Gbagbo n’a rien inventé en s’accrochant au pouvoir à la suite du cuisant échec qu’il a connu à la dernière élection présidentielle organisée dans son pays. En Afrique, les exemples ne manquent pas pour prendre la défense de Gbagbo. Il y en a de très emblématiques qu’on peut même enseigner dans des facultés de droit même si ceci n’a rien d’éducatif. Le plus proche de nous est là avec le fils qui a pris le fauteuil du père sans jamais pouvoir négocier victorieusement la moindre élection transparente. Plus loin, c’est un vieillard qui, au soir de sa vie, a choisi de laisser un héritage minable en s’imposant à la tête de son pays à la suite d’une présidentielle qu’il n’a jamais gagnée au premier tour. Le plus scandaleux est le cas de l’autre fils du père qui a été imposé président de la République alors qu’il était arrivé troisième à la suite du seul tour de la présidentielle. Lorsqu’on a vu toutes ces réalités sur le continent noir des absurdités et qu’on s’appelle Laurent Gbagbo, grand producteurs d’autres absurdités, on peut être tenté de récidiver. Erreur !
Le conseiller diplomatique de Laurent Gbagbo a manqué de compétence pour éclairer son président. En effet, aussi fréquentes que sont les absurdités sur le continent noir, il n’est pas donné à tout le monde d’en être auteur et à tout moment. Tout le monde n’a pas le droit de faire ce qu’il veut et à n’importe quel moment. C’est cela l’erreur qu’a commise le régime Gbagbo. L’indulgence de ce qu’on appelle pompeusement « communauté internationale » a des limites infranchissables. Et ne pas comprendre cette réalité basique qui gouverne le monde dans lequel nous vivons est une hérésie. Gbagbo a déjà consommé tout son crédit de caprices au sens de ceux qui gouvernent le monde. Ainsi, devrait-il comprendre que la seule façon qu’il avait de conserver le pouvoir était de gagner proprement l’élection présidentielle en toute transparence. Gagner la présidentielle au conseil constitutionnel est un caprice de trop pour le régime Gbagbo et son conseiller diplomatique devrait le savoir et en convaincre son foutu président. Ce qu’il a peut-être fait sans être écouté. Peut-être qu’il ne l’a pas du tout fait. Dans tous les cas, Gbagbo ne chavirera pas seul.
Le ministre Jean-Marie Ehouzou est un membre de gouvernement à part entière, un professionnel avéré. Il n’est pas ministre d’un gouvernement d’union nationale imposé. Il est le ministre de Boni Yayi choisi par lui. Ainsi, la responsabilité lui revient de procéder aux sondages indiqués en de pareilles circonstances afin d’éclairer Boni Yayi dans les choix qu’il opèrerait désormais dans la marche du Bénin vers les prochaines échéances électorales. Car, les enjeux sont énormes à l’échelle du Bénin et aucun camp ne sera prêt à faire des concessions exagérées à un autre. Dans ces conditions, il faut savoir raison gardée chaque fois qu’on veut prendre une option en marge de la norme républicaine. Même lorsque les intentions sont nobles et la « légalité in vitro » garantie, il faut être prudent. Le cas ivoirien nous enseigne que même une institution constitutionnelle dont les décisions sont sans recours peut être banalisée et ridiculisée. Il suffit que ses membres sacrifient leur crédibilité en voulant servir exagérément un régime et toutes les dérives sont possibles. Tout dépend du bon vouloir de la communauté internationale qui appréciera si celui qui veut en tirer meilleur partie a déjà épuisé ou non tout son crédit de caprice. Jean-Marie Ehouzou est averti et doit se mettre au travail.
A R T

mercredi 22 décembre 2010

Choix bien inspiré pour la présidentielle de 2011

Tévoédjrè après son apogée


Le professeur Albert Tévoédjrè, comme toute célébrité, doit répondre au principe de vie qui consiste à naître, à grandir, à connaître son apogée et à disparaître. Ceci est fatalement un principe auquel tout ce qui existe obéit sans avoir toujours la force d’orienter dans un sens ou dans l’autre ce qui lui arrive.
Il y a quelques mois, nous publiions dans un éditorial dans le quotidien « L’Informateur » le commentaire dont la teneur suit :
« Albert et Adrien, la guerre… !
Ils auraient pu faire un bon couple dans l’univers politique béninois né de la Conférence nationale des forces vives de février 1990. Ils auraient pu influencer autrement le comportement de la classe politique béninoise et être « bien en cour » lorsqu’ils ne sont pas eux-mêmes souverains. Mais hélas !
Le premier avait de fortes chances de se faire roi en 1991, mais ne le sera jamais, car le soutien du second lui a manqué. Et cet épisode qui laisse libre cours aux spéculations de toute nature sera le déclencheur d’une guerre à issue incertaine entre les deux hommes. Nous ne prenons pas ici le rôle du spéculateur, mais de l’analyste bien averti. Cette guerre entre Albert et Adrien connaîtra heureusement pour certains, malheureusement pour d’autres, une étape importante et pédagogique à l’occasion de l’élection présidentielle de mars 1996. Le premier, engagé à l’origine d’une mouvance politique électoraliste kamikaze, a eu besoin du second et il y est arrivé à distance. Stratégie qui obligea le second à lancer publiquement ce que l’histoire politique du Bénin reconnaît à travers la phrase mythique : « Albert wa », prononcée à l’occasion d’un meeting à Porto-Novo. Une phrase qui a fait son effet sur les électeurs, reconnaissent certains fins stratèges politiques. Ainsi, les deux hommes, l’espace de quelques semaines, ont réussi à faire l’armistice. Mais juste le temps d’un éclair. Car, dès que le souverain qu’ils ont voulu s’est installé, leurs instincts guerriers se sont réveillés hélas, trois fois hélas ! A l’occasion, si le premier, parfois très élégant dans sa démarche, a pu réussir à en tirer profit, le second a connu tout simplement deux années de chemin de croix, même si autour de lui d’autres en ont profité remarquablement.
La guerre entre Albert et Adrien a pour fondement essentiel le fait que le premier souffre dans sa chaire et croit fermement que c’est le second qui lui a barré la route de la Marina. Et les résultats du premier tour de la présidentielle de 1991 sont favorables à cette thèse. Donc pour le premier, il aurait fallu pour le second de mettre ses ambitions entre parenthèse, le temps de laisser le « fofo » passer, histoire pour celui-ci d’aménager le boulevard pour son « jeune frère hagbè ». La politique n’est pas une science exacte, mais le « fofo » y croyait fermement à l’époque au point d’en être malade quelques fois. Ainsi, aujourd’hui, fidèle à sa logique, le premier, soutien dur comme fer que le second, pour lui avoir barré la route, ne connaîtra pas, de son vivant, les délices de la souverainement républicaine au niveau suprême.
Nous voici en 2010, à la veille de l’échéance politique capitale de 2011. Le second, comme en 1991, 1996, 2001 et 2006, s’apprête à négocier le péage pour accéder à la route menant vers la Marina. Quelle ambition ! En tout cas, il est endurant, téméraire et prêt à rivaliser avec « Charles le téméraire ». Aujourd’hui, malgré sa grosse machine à double tranchant, le second, toujours en guerre contre le premier, a forcément du plomb dans l’aille. Car, il ressentira encore une fois et aujourd’hui mieux que par le passé, les effets de cette guerre sans merci. A moins que la grosse machine du second arrive, nous en doutons, à broyer celle que le premier va forcément mettre en branle les mois à venir si ce n’est déjà une réalité. A moins que le second arrive à faire preuve d’humilité au point d’obtenir un « cessez-le-feu », dans le meilleur des cas sans soutien, de la part du premier dont la capacité de nuisance est unanimement reconnue. ».
Dans le commentaire ci-dessus, nous avions quasiment prédit qu’il serait inconcevable que le professeur Albert Tévoédjrè appelle à soutenir Me Adrien Houngbédji à la présidentielle de mars 2011. Présidentielle pour laquelle la quasi-totalité de la « vieille classe politique béninoise » a opté pour un candidat unique, Adrien Houngbédji.
Plutôt un choix objectif et intéressé
Ainsi, le samedi 18 décembre 2010, le parti politique que le professeur Tévoédjrè a créé et qu’il ne préside plus du fait de ses actuelles responsabilités de médiateur, a choisi, à l’occasion de son dernier congrès, de soutenir l’actuel président de la République, Boni Yayi à la présidentielle prochaine. Si nous nous situons dans la logique du commentaire sus mentionné, ce choix laisse indifférent. Mais nombre de Béninois reconnaît au professeur Albert Tévoédjrè des qualités de visionnaire qui a toujours fait de bonnes anticipations dans le choix du cheval gagnant dans le cadre des présidentielles successives organisées au Bénin depuis 1991. Sauf le cas où lui-même était candidat et qu’il n’a pu participer au second tour en appelant ses électeurs au libre choix. Aujourd’hui, si nos prémices sont justes, c’est que le professeur n’a pas fait un choix en tenant compte du cheval gagnant. Mais tout simplement en mettant dans la balance ses sentiments propres et ceux de quelques uns de ses fidèles collaborateurs. En effet, autour de lui, il y a des candidats à d’importants postes de responsabilité dont seul Boni Yayi a la clé jusqu’à nouvel ordre. Alors, si leurs vœux étaient exaucés, ils ne perdraient rien en soutenant Boni Yayi qui a déjà donné au professeur un mandat que respectera le futur président de la République même s’il ne s’appelait pas Boni Yayi. Encore que même pour les autres postes que lorgnent les amis du professeur, il s’agit de mandat d’au moins cinq.
Dans ces conditions, il serait abusif de croire qu’en 2010, Tévoédjrè a fait valoir ses qualités de visionnaire. Non, il a fatalement agit en homme raisonnable sachant où se trouvent ses intérêts immédiats. Encore que le professeur n’a pas eu, comme par le passé, à se prononcer directement. Il fait l’option de rester sous la couverture de son parti qui était pourtant là en 1996 et 2005 quand il prenait personnellement de position. Pardon, il est aujourd’hui médiateur devant se mettre au dessus de la mêlée. Soit, mais il sait que nous savons, après l’apogée on s’efface pour ne pas être effacer. C’est l’essentiel.
Aubin R. Towanou


Suite à la présidentielle en Côte d’Ivoire 
 
L’appel à la grève générale du camp Ouattara peu suivi à Abidjan, beaucoup plus dans
le Nord
Photo d'archives d'Abidjan, le 06 décembre 2010. Photographie d"archives
 
Les Ivoiriens étaient appelés à la grève générale ce lundi 27 décembre 2010 par le camp d'Alassane Ouattara. Le RHDP, la coalition de partis soutenant le président reconnu par la communauté internationale, a appelé à « cesser les activités jusqu'au départ du pouvoir de Laurent Gbagbo ». Un appel à la grève diversement suivi selon les régions du pays.
Vu du Plateau, le quartier administratif et des affaires, c’est un lundi comme un autre avec ses embouteillages, ses commerces ouverts et ses
employés se rendant sur leur lieu de travail.
Comme l’appel à la désobéissance civile lancé la semaine dernière par Guillaume Soro, l’appel à la grève générale lancé dimanche soir par le RHDP ne semble donc pas avoir été vraiment entendu par la population. Il faut dire que les Abidjanais, quelles que soient leurs opinions politiques, ont des priorités économiques.
 
Notre dossier spécial
Présidentielle en Côte d'Ivoire

En fait, la seule commune qui a échappé à cette normalité, c’est Abobo, un bastion des partisans d’Alassane Ouattara. D’après des habitants sur place, à l’aube les gens ont quitté leur domicile pour aller travailler mais en fin de matinée des jeunes pro-Ouattara ont tenté de bloquer la circulation des Gbaka, les taxis collectifs. Cela a entraîné une intervention des forces de défense et de sécurité (FDS) qui ont tiré des gaz lacrymogènes pour disperser la foule. En dehors de cet incident, Abidjan travaille donc normalement.

En revanche à Bouaké et Korhogo, deux fiefs des forces nouvelles, le mot d’ordre de grève a été d’avantage suivi puisque ce lundi matin les portes des administrations étaient closes et les commerces majoritairement fermés.
 
La troïka africaine attendue mardi à Abidjan


Cet appel à la grève générale intervient à la veille de la visite de la délégation des pays d'Afrique de l'Ouest, attendue à Abidjan mardi. Lors de son sommet extraordinaire à Abuja au Nigeria, la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) avait souhaité qu'il n'y ait aucun compromis à l'égard de Laurent Gbagbo. C’est le message que viendront porter en Côte d’Ivoire les trois chefs d'Etats, les présidents béninois, cap-verdien et sierra-léonnais.

Cette troïka africaine parlera au nom de tous les pays membres de la CEDEAO. Elle redira au président sortant qu'une intervention militaire n'est pas exclue s'il refuse toujours d'abandonner le pouvoir au profit d'Alassane Ouattara, le vainqueur désigné de la dernière présidentielle. Si les Cap-Verdiens refusent de communiquer autour de cette initiative, c'est pour laisser toutes ses chances à cette mission de médiation, comme nous l'a expliqué José Brito, le ministre des Affaires Etrangères du Cap-Vert. « Moins on parle avant, dit-il, et plus on a de chances d'être entendus, ajoutant que la mission qui s'annonce est difficile et qu'il n'est pas utile de la compliquer par des déclarations qui pourraient être mal interprétées.

Quant au ministre béninois des Affaires Etrangères, Jean-Marie Ehouzou, il explique que « cette médiation représente un geste de bonne volonté de la part de la CEDEAO qui veut trouver une issue pacifique à ce problème », répétant cependant à plusieurs reprises que la mission est extrêmement difficile. Même état d'esprit en Sierra Leone où le ministre de l'Information explique que le Chef de l'Etat se rend à Abidjan afin de convaincre Laurent Gbagbo d'abandonner le pouvoir.

Trois présidents qui parleront donc d'une seule voix au nom de toute l'Afrique de l'Ouest et qui devront ensuite rendre compte de leur mission. En cas de refus, le recours à la force sera alors fermement envisagé et des poursuites internationales seront engagées.

lundi 20 décembre 2010

Investiture du candidat unique de l’Un à la présidentielle de 2011

Le sacre de Adrien Houngbédji 

Me Adrien HOUNGBEDJI, le candidat unique de l'UN en 2011

La cérémonie d’investiture du candidat unique de l’Union fait la Nation, Me Adrien Houngbédji a eu lieu ce samedi 18 décembre 2010 en présence des milliers de militants  dans un Stade de l’Amitié plein à craquer à Cotonou .

La machine "Union fait la Nation", à la lumière de la déferlante ruée de ce samedi 18 décembre, marque la consécration d’une marche savament assurée par un groupe d’hommes et de femmes mobilisés pour réussir l’alternance en 2011. Ils étaient nombreux à faire le déplacement du Stade de l’amitié de Cotonou. L’affluence était si perceptible qu’un embouteillage monstre s’installe sur la route longeant le Stade. La déferlante "Union fait la Nation" a fait parler d'elle ce samedi. A 13 heures, l’entrée principale du Stade de l’amitié était devenue trop exigüe. A l’instar des grands rendez-vous, cette marée humaine estimée à plusieurs dizaines de milliers de personnes s'est installée progressivement dans les gradins, tribunes et autres sièges apprêtés pour la circonstance. Malgré le soleil accablant, ces militants tenaient à honorer leur leader. Ils étaient déterminés et tenaient à le faire savoir à l'opinion publique nationale et internationale. 

A 15 heures, le responsable à la communication de l'UN, Gaston Zossou s'installe au pupitre. Dans un style que lui connaissent déjà les Béninois, Gaston Zossou clame que le départ du régime actuel n’est plus qu’une question de semaines. Jamais, nous ne sommes tombés si bas. Ce n’est plus la filouterie, c’est le gangstérisme au sommet de l’Etat a-t-il affirmé. "Pour nous, un devoir de salubrité citoyenne s’impose afin de débarquer d’ici quelques semaines, la clique qui nous a menti depuis bientôt 5 ans », Gaston Zossou sera suivi d'une série de prestations artistiques. A 17 heures 30, le cortège officiel, constitué des ténors de l'Union fait la nation ayant à sa tête me Adrien Houngbédji, le candidat unique à investir a fait son entrée au Stade de l'Amitier. Après avoir fait le tour de la piste d’athlétisme, il s’immobilisa au niveau de la ligne médiane. Les bruits des vuvuzela entre-temps assourdissants s’estompent. Le public déjà estimé à 40.000 militants était discipliné pour suivre le message officiel de l'Union fait la Nation. Tour à tour, le Président de l’Un Bruno Amoussou, le Président de la Rb, Lehady Soglo, du Madep, Séfou Fagbohoun, le coordonnateur de l’Union, Antoine Kolawolé Idji, le président de l’Undp, Jean-Claude Codjia, de Force Clé Lazare Sèhouéto, de Marche, Félix Dansou Dossa et le Président du comité d’organisation Sévérin Adjovi, firent leur apparition. Le stade s’emballe. Des ovations nourries du public les accompagnent jusqu’ à la tribune. Après une trêve musicale assurée par l’artiste Yvan, le bal des déclarations commença. Le Président du Nep Mixalodo Paul Gnimagnon, accompagné par le coordonnateur national de l’Union, descend de la tribune officielle et se dirige vers le podium installé à quelques mètres. Dans son intervention, Paul Gnimagnon expose les raisons de son soutien au candidat de l’Union fait la Nation. Pour Antoine Kolawolé Idji, l’heure de Dieu a sonné. « Allez annoncer la bonne nouvelle », a-t-il déclaré. A 18 30, la conférence des présidents de l’Un descend la marche portée en triomphe par le public qui au fil des heures s’agrandissait. Elle rejoint les autres sur le podium. On entrait de plain pied dans les manifestations. La liesse était perceptible et le stade déjà plein comme un œuf était en ébullition. A 18 heures 20 mn, le leader charismatique de la Renaissance du Bénin, Président d’honneur de l’Un, Nicéphore Dieudonné Soglo, fit son apparition. D’une seule voix, les 50 000 âmes toutes debout chantaient les mérites de l’homme. A peine descendus du véhicule Bruno Amoussou, Antoine Kolawolé Idji et Lehady Soglo, allèrent à sa rencontre. Tout de blanc vêtu, Nicéphore Soglo dans son « agbada » habituel fut accompagné jusqu’au podium sous les ovations nourries du public. Quelques minutes plus tard, l’homme de la soirée, le candidat de l’Union fait la Nation Adrien Houngbédji fit son apparition. La fièvre monte un peu plus. Cette rencontre prit très tôt l’allure d’une grande fête à laquelle personne ne pouvait rester indifférent. Ni le président de l’Un Bruno Amoussou, le candidat Adrien Houngbédji, encore moins le leader charismatique de la Renaissance du Bénin, ne pouvait s’empêcher d’esquisser quelques pas de danse. Les groupes Ardiess et Afafa ont fait parler leur talent en tenant le public et les invités d’honneur en haleine pendant un bon moment. Après ce moment de gaieté, le bal des déclarations démarre avec le discours solennel d’investiture qui est venu clôturer les manifestations. Ont assisté aux manifestations, une délégation de la coalition Abdoulaye Bio Tchané et bien d’autres alliances de partis.
A R T

Bénin-relance économique

Boni Yayi privilégie les entreprises au

 détriment des consommateurs

Boni Yayi, Président de la République du Bénin
Depuis quelques jours, le gouvernement du Bénin a pris la décision de soutenir financièrement les entrepreneurs du marché Dantokpa. Une mesure prise dans le cadre de la relance de l’économie béninoise très affectée par la crise économique qui sape les efforts de développement entrepris par l’Etat. Ce faisant, le président de la République a choisi de privilégier les entrepreneurs au détriment des consommateurs tout aussi en souffrance.
Un milliard de francs Cfa est la ressource que le régime Boni Yayi a bien voulu mettre à la disposition des marchands du marché Dantokpa pour relancer l’économie béninoise en difficulté en cette période de fêtes de fin d’année. En effet, il s’agira, à raison d’environ quatre cent millions de francs Cfa, de subventionner les droits de siège payables par les entrepreneurs du marché pour y avoir une place. Par ailleurs, pour plus de six cent millions de francs Cfa, des prêts remboursables à taux préférentiels seront accordés aux marchands. De quoi soulager les difficultés financières qu’ils rencontrent du fait de la crise économique qui sévit et dont les effets sont très importants sur les échanges au Bénin. Une mesure qui à première vue paraît opportune et même qualifiée de salutaire par le Béninois ordinaire, naturellement ordinaire.
Une mesure politique et non économique
En économie, il est vivement souhaitable, lorsque l’on veut relancer l’économie, de stimuler la consommation. L’avantage qui y réside est à sens multiple. En effet, lorsqu’on fouette la consommation par divers mécanismes dont la mise à disposition des agents économiques, connus sous le vocable « consommateurs », de plus de moyens de paiement, on satisfait, non seulement le citoyen lambda, mais lorsque celui-ci consomme sur le marché, il relance les échanges et par conséquent, les trois secteurs de l’économie en tirent profit. En science économique, le développement ci-dessus est basique et connu de tous ceux qui ont eu l’opportunité de se familiariser avec le B.A.-BA en économie générale.
Nous reconnaissons que la politique économique a ses règles qui peuvent échapper aux notions rudimentaires les plus classiques en économie. Mais il est quand même aussi plausible qu’élémentaire la réalité selon laquelle il serait difficile de relancer une économie en soulageant rien que les entrepreneurs à l’heure de la globalisation. Tenez, avec la dernière crise économique en occident, en dehors des mesures de sauvetage des institutions financières classiques telles les banques, assurances, …, la plus part des dispositions prises ont pour but de relancer la consommation. Nous avons encore à l’esprit les primes à la casse initiées pour relancer le secteur de l’automobile, etc. La surprise est grande, trop grande même, lorsqu’on apprécie que le Bénin est gouverné par des économistes de haut niveau et qu’à l’œuvre les politiques mises en application souffrent de si grandes insuffisances. Il y a quelques années, au moment où tous les secteurs étaient très grippés, du fait de la crise économique actuelle, nous étions surpris de constater que le gouvernement du Bénin a choisi d’accorder des subventions en termes d’exonération fiscale aux importateurs de produits de grande consommation. Au finish, c’est tout déçu que le gouvernement a arrêté la saignée en constatant que malgré les subventions, les prix des produits étaient en hausse vertigineuse. Aujourd’hui encore, tout comme s’il n’y avait que des amnésiques au gouvernement, on recourt à la même mesure, ou à une mesure similaire et certainement pour le même résultat pour ne pas dire sans aucun résultat. Et si ceux qui ont commencé une campagne de communication autour de cette mesure économique épargnaient les Béninois d’une constipation médiatique de plus ?
Une mesure populiste et électoraliste
En fait, le seul mérite qu’on peut reconnaitre à cette mesure est qu’elle permet à un régime impopulaire de se donner bonne conscience auprès d’une frange importante de Béninois. Ces hommes et femmes laborieux qui entreprennent dans le plus grand marché du Bénin sont de ce fait très importants sur le plan électoral. En effet, nous sommes à un trimestre des prochaines élections législatives et présidentielle. Il s’agit d’une mesure qui permet d’avoir un contacte direct avec le bénéficiaire qui est un potentiel électeur. Car, lorsqu’on relance la consommation, l’effet sur les marchands de Dantokpa est indirect et ceux-ci pourraient ne pas se sentir redevables. Or, en attribuant directement des subventions aux entrepreneurs du marché, on s’assure du contact physique et on est assuré d’en tirer profit en contrepartie. Il ne s’agit dont pas d’une mesure économique ayant pour objectif de relancer l’économie béninoise, mais d’une faveur intéressée accordée à une frange bien ciblée d’agents économiques de qui on attend une contre partie en terme électoral. Nous ne croyons pas avoir le sens absolu des analyses, mais nous avons la certitude d’être crédibles, d’être raisonnables et sans partie prie.
Aubin R. Towanou