mardi 19 avril 2011

Bénin élections présidentielle et législatives

LEGISLATIVES DU 30 AVRIL 2011
Joseph Gnonlonfoun à propos des législatives prochaines : "3 629 837 électeurs sont attendus aux urnes"
Le président de la Commission électorale nationale autonome, Joseph Gnonlonfoun a fait le bilan des préparatifs pour les législatives de 2011 hier, lundi 18 avril 2011 à la faveur d’une conférence de presse. Dans les locaux de l’institution, il a donné plusieurs chiffres qui permettent de savoir davantage sur le processus électoral.
3 629 837 électeurs sont appelés aux urnes le 30 avril 2011. On compte 546 arrondissements, 3880 villages, 6686 centres de vote et 14 422 bureaux de vote. Selon le président Joseph Gnonlonfoun, ces chiffres ont été livrés à la Cena par la Cps-Lépi et la Mirena, à la suite des missions que celles-ci, des démembrements de la Cena et certaines collectivités locales ont effectuées sur le terrain. Du 22 au 30 avril dernier, ces différentes structures ont recueilli des informations complémentaires nécessaires en vue du règlement de la question d’éloignement de certains électeurs de leur lieu de vote ainsi que des votes par dérogation, a-t-il confié. Les résultats des missions ont souligné également que 78 295 cartes d’électeurs non distribuées ont été récupérées par la Cps-Lépi et la Mirena et 200 000 cartes d’électeurs restent à être imprimées par l’Onip. Tirant conséquence de ces résultats, le président de la Cena a estimé que les votes par dérogation de la loi du 4 mars 2011 n’auront plus droit de cité. Le conférencier a aussi abordé les motions de revendications exposées par les démembrements de la Cena. A l’en croire, les diverses plateformes revendicatives ont été soumises à un examen « aussi bien au niveau d’un comité qu’au niveau de la plénière ». « Il est juste et bon de savoir que le budget de la Cena est alimenté par le budget national et une contribution du Pnud qui est consacré aux démembrements. Les revendications relatives au carburant, aux produits d’entretien, aux primes de nuit, aux primes compensatrices de moto ont été réparties entre les Ced, les Cec et les Cea », a-t-il informé. Il a poursuivi en montrant que les doléances telles que les primes de risque, de suggestion et prime de rendement aux personnels d’appui à la Cena et des démembrements, qui ne sont pas comprises dans le budget ont fait l’objet d’analyse et des montants ont été retenus pour être soumis à l’examen du ministre des Finances. « Le point des revendications des démembrements de la Cena avoisine près de 40 milliards F Cfa. Ce sera difficile de les satisfaire. Les coordonnateurs départementaux les informeront des décisions prises concernant leurs primes et indemnités et des modalités de leur paiement. Ils leur demanderont de faire montre de réalisme dans leurs revendications, étant entendu que les dépenses pour les élections constituent des dépenses de souveraineté », a-t-il laissé entendre. Le président Joseph Gnonlonfoun a par contre été moins bavard sur la question relative au remplacement du désormais ancien député Désiré Vodonou sur la liste « Un » dans la 24ème circonscription électorale (il était la tête de liste de l’alliance « Un » dans cette circonscription). A ses dires, la Cena ne peut par elle-même prendre d’initiative importante suite à la décision de la Cour constitutionnelle qui exclut Désiré Vodonou du fichier électoral. La Cena n’a qu’à saisir la juridiction compétente pour être située sur la démarche à observer, a-t-il fait comprendre.

Désiré Vodonou emprisonné, Sèhouéto dénonce « une dictature » de Boni Yayi

Désiré Vodonou, député de l’Union fait la Nation (UN) et candidat tête de liste dans la 24ème  circonscription électorale, a été placé sous mandat de dépôt à la prison civile de Cotonou en fin de matinée de ce lundi.
Après plusieurs jours de cavale, Désiré Vodonou, député de l’alliance de partis d’opposition Union fait la Nation (UN), s’est rendu en personne ce lundi en fin de matinée au cabinet du juge d’instruction du Tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Il a été ensuite conduit en prison.
Il lui est reproché d’avoir eu, depuis 2003, des démêlés avec le Tribunal de Grande Instance de Tours en France auquel il n’aurait communiqué aucune adresse précise où pourrait lui être notifiée la date d’une nouvelle audience éventuelle pour un jugement contradictoire. «Toutes les tracasseries contre Désiré Vodonou, constituent une injustice totale, a affirmé l’honorable Lazare Sèhouéto, président de Force Clé, un parti d’opposition dont le mis en cause est membre. Le chef de l’Etat tente d’instaurer une dictature qui lui permettra de régner en maître dans le pays».
Cette incarcération intervient en pleine campagne électorale pour le scrutin législatif du 30 avril prochain au terme duquel les électeurs choisiront les 83 futurs députés à l’Assemblée nationale, sixième législature.
Candidat à la députation et tête de liste de l’UN dans la 24ème  circonscription électorale, Désiré Vodonou a son fief dans le Zou, précisément à Cana et Zogbodomè, où il s’est fait distinguer par de nombreuses œuvres sociales.
Selon une décision de la Cour Constitutionnelle en date du 13 Avril 2011, Désiré Vodonou a été «condamné à trois ans d’emprisonnement ferme par le Tribunal de Grande Instance de Tours le 6 mai 2003 pour escroquerie réalisée en bande organisée, transport de monnaie ayant cours légal contrefaite ou falsifiée et mise en circulation de monnaie ayant cours légal contrefaite ». La Cour constitutionnelle rappelle que : « Le mandat d’arrêt décerné contre lui a été exécuté le 1er novembre 2004 suite à sa descente d’avion à l’aéroport Charles de Gaulle à Paris et il a été mis en détention préventive le 4 novembre 2004. Puis, Désiré Vodonou est mis en liberté provisoire le 20 janvier 2005 après paiement d’un cautionnement de 75.000 euros».
L’incarcération du député ce lundi à la maison d’arrêt de Cotonou fait suite à un précédent jugement, en date du 09 novembre 2006, qui le condamne à une peine de trois ans d’emprisonnement, et à la décision de la Cour Constitutionnelle du 13 avril 2011 qui lui arrache toute qualité d’électeur et le déclare inéligible. La haute juridiction a décidé à l’article 1er de sa décision que « Désiré Vodonou est déchu de sa qualité de membre de l’Assemblée Nationale ». Selon l’article 2 du même texte, la Cour ordonne la radiation de Désiré Vodonou de la Liste Electorale Permanente Informatisée (LEPI) et le retrait de sa carte d’électeur.
Au lendemain de la décision de la Cour, des policiers et des gendarmes avaient  perquisitionné les domiciles de Désiré Vodonou à Cotonou, Zogbodomè et Cana où son frère Arsène Vodonou a été arrêté. Plusieurs centaines de ses partisans se sont soulevés et ont incinéré des pneus ce dimanche sur les artères de Cana et de Zogbodomey pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « politisation de l’affaire Vodonou ».

lundi 18 avril 2011

Journal des infos du Bénin

MEMO SUR L’ACTUALITE POLITIQUE NATIONALE
Du 18 avril 2011

Le rejet de la candidature aux législatives de Désiré Vodonou dans la 24ème circonscription électorale, sur la liste « Union fait la nation », crée des vagues. Déjà, le samedi 16 avril 2011, nombreux étaient les populations qui ont battu le macadam pour protester contre cet état de chose. Elles se sont faites entendre en ayant avec eux les chefs traditionnels qui ont marqué leur désapprobation en exigeant de la Cour l’identification physique de ceux qui l’auraient saisie pour qu’elle rende une telle décision. Car, soutiennent les populations, acquises à la cause de Vodonou, elles n’arrivent, depuis la publication de ladite décision, à identifier des personnes physiques  aux noms de Sabitou Adamou, Romulus Benjamin Zodéougan et Wilfrid C. Yassinguézo. Des personnes pouvant avoir intérêt à saisir la Cour à propos de la candidature du député Désiré Vodonou.
Pour les contestataires, il est inconcevable que la candidature de Vodonou, qui a des ennuis avec la justice française dans une affaire d’escroquerie, soit rejetée pendant que d’autres personnes, bien connues, soupçonnées de détournement de deniers publics, inscrites sur la liste portée par le chef de l’Etat qui vient de renouveler son mandat, voient leurs candidatures recevables.
Aux dernières nouvelles, aussitôt sa candidature rejetée, le député Désiré Vodonou fait l’objet d’une poursuite judiciaire et ce lundi 18 avril 2011, il s’est rendu au cabinet du juge d’instruction qui a délivré un mandat d’amener contre lui. Entre temps, un cousin du député Vodonou a été interpelé et gardé dans les liens de la justice en lieu et place de sont frères qui était introuvable.
Par ailleurs, selon des sources proches de l’ « Union fait la nation », suite au rejet de sa candidature,  c’est le député Lazare Sèhouéto, précédemment inscrit à la 3ème position sur la liste, qui conduit désormais l’alliance Union fait la nation dans ladite circonscription électorale. Les mêmes sources précisent que Serge Quenum, le suppléant de l’ancien député Désiré Vodonou, gardera sa place tandis que Sébastien Adjahatodé, le suppléant de l’Honorable Sèhouéto, prend la position du 3ème candidat titulaire sur la même liste.

Aubin R. TOWANOU

vendredi 15 avril 2011

Journal des infos du Bénin

MEMO SUR L’ACTUALITE POLITIQUE NATIONALE
Du 15 avril 2011

La classe politique béninoise est résolument engagée dans le processus électoral en vue du scrutin législatif du 30 avril 2011. La cours constitutionnelle a rendu dans le courant de la semaine plusieurs décision relatives à la validation des listes des candidats aux législatives. Sur les 22 listes de candidatures déposé à la Commission électorale nationale autonome ( Cena ), 19 ont été finalement retenues et validées par la Cour constitutionnelle. Sur certaines listes retenues, la Cour a invalidé des candidatures. C’est le cas du député sortant Désiré Vodonou dont la candidature a été invalidée du fait de ses ennuis judiciaires avec la justice française. Au nombre des listes rejetées on note la prestigieuse liste de l’Alliance Frap-2011. Une liste qui serait conduite par la première dame, Chantale Yayi. Paradoxalement, aux dernières nouvelles, celle-ci a pu se caser sur la liste conduite par le président de la République, Boni Yayi. Elle est positionnée en tête de liste au niveau de la 5ème circonscription électorale où elle est titulaire avec pour suppléant l’actuel ministre de la justice, Grégoire Akoffodji.



Aubin R. TOWANOU

mardi 12 avril 2011

Côte d'Ivoire

LA SECURITE N'EST PAS REVENUE A ABIDJAN
Au lendemain de l'arrestation, le 11 avril, du président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et de plusieurs de ses proches, la vie n'a pas encore repris son cours à Abidjan. Il y a certes eu des manifestations de joie dans des quartiers majoritairement favorables à son successeur Alassane Ouattara. Mais des incidents armés sont encore signalés, notamment dans le quartier de Yopougon, et les habitants hésitent encore à sortir de chez eux.
La situation diffère selon les quartiers puisqu'à Abobo dans le nord-est, le QG de la résistance à Laurent Gbagbo, on assiste à un retour à la normale. Les gens ont même dansé et chanté dans la rue, a confié un témoin à RFI.
Mais dans de nombreux quartiers d'Abidjan, les habitants sont sur leur garde. Beaucoup ont profité de la relative acalmie, pour sortir et gagner un quartier plus sûr, a remarqué un coordinateur de l'ONU.
Laurent Gbagbo lors d'une déclaration diffusée, après son arrestation hier a souhaité   que « le pays reprenne, et que l'on arrête les armes », mais ces armes parlent encore. Des tirs sporadiques ont été entendus ce mardi matin dans le quartier de Yopougon, où des combats de rue ont été signalés, mais aussi à Cocody, l'épicentre des combats de ces derniers jours. Ce quartier abrite la résidence présidentielle.
Dans la matinée, on entendait aussi des tirs sporadiques dans le quartier central quasi-désert du Plateau. « Il n'y a pas de voitures, quelques rares piétons, on préfère attendre de voir comment les choses vont évoluer avant de s'aventurer dehors. Rien est encore sûr», a confié un témoin à RFI.
Laurent Gbagbo et son entourage détenus au Golf Hôtel
Concernant Laurent Gbagbo et son entourage, de manière avérée, l'ancien président, son épouse Simone, son fils d'un premier mariage, Michel, Patrice Bahy, l'un de ses gardes du corps, Geneviève Bro Grébé, la dirigeante des femmes patriotes, sont parmi d'autres, à l'hôtel du Golf où ils sont sous la garde de l'Onuci.
Une source militaire au sein des FRCI d'Alassane Ouattara, fait état d'une soixantaine de détenus au total, cette même source affirme que les FRCI, contrôlent le palais présidentiel et sont en pourparlers avec des combattants pour les convaincre de rendre leurs armes. On ignore où se trouve Charles Blé Goudé le ministre de la jeunesse du président sortant et leader des jeunes patriotes, soutien des plus fidèles de Laurent Gbagbo.
L'ancien ministre de l'Intérieur et secrétaire général de la présidence de Laurent Gbagbo, Désiré Tagro, a été blessé par balle lors de l'opération qui a abouti à la capture du président sortant.
Polémique sur les conditions de l'arrestation de Laurent Gbagbo
Une polémique a éclaté aussitôt après l'arrestation de Laurent Gbagbo sur le rôle joué par l'armée française. Pour l'un des porte-parole du chef de l'Etat déchu, Alain Toussaint, c'est la France qui a mené l'opération avant de remettre Laurent Gbagbo aux Forces républicaines d'Alassane Ouattara. Pascal Affi N'Guessan, président du parti de Laurent Gbagbo, le FPI (Front Populaire Ivoirien), a évoqué un coup de force orchestré par la France.

La Côte d'Ivoire partagée entre allégresse et inquiétude
Des combattants pro-Ouattara déplient un drapeau ivoirien dans une rue d'Abidjan, le 11 avril 2011 en fin de journée.
REUTERS/Emmanuel BraunPar RFI
Laurent Gbagbo et son épouse Simone ont passé la nuit à l'Hôtel du Golf sous la protection des casques bleus de l'Onuci. Abidjan a semble-t-il accueilli la nouvelle de la capture de Laurent Gbagbo de façon partagée, entre joie et crainte. Dès hier soir, Alassane Ouattara s'est adressé aux Ivoiriens. Dans une brève allocution télévisée, il a appelé ses compatriotes à s'abstenir de tout acte de représailles et de violences.
Réactions d'habitants des quartiers Nord d'Abidjan
Les fils et filles de ce pays ont besoin de réconciliation. Dans le quartier d’Adjamé, par exemple, les rues toujours bloquées par de nombreux barrages et envahies par les ordures étaient quasiment vides lundi 11 avril en fin de journée, comme si la foule avait toujours peur de sortir.
Il y avait là simplement quelques habitants ou des combattants pro-Ouattara qui faisaient entendre leur joie. « C’est fini, il est parti ! », s’est exclamé un combattant. « C’est la liberté totale », estimait un homme installé avec des amis.
A Adjamé, des éléments des Forces républicaines ont lancé du toit d’une maison un très grand drapeau ivoirien que les jeunes ont fait circuler dans la rue, complètement déployé, en signe de victoire.
Joie mesurée à Treichville
Témoignage d'un jeune patriote
Un sentiment de dégoût et de dédain vis-à-vis de la France
Un habitant de Treichville joint par téléphone dit que dans son quartier, la joie a été mesurée et que lui-même n’a pas particulièrement fêté la capture « Il y a eu trop de morts, explique-t-il, je me dis qu’on aurait pu éviter toute cette histoire si Gbagbo avait accepté le verdict des urnes ».
Dans le quartier d’Abobo, en revanche, ou dans certaines parties de Koumassi, on a pu assister à de véritables manifestations de liesse. Selon un témoin à Abobo, il y a eu des cris de joie, les Forces républicaines ont tiré en l’air, et certains habitants ont dansé jusque dans la soirée.
L'appel d'Alpha Blondy aux Ivoiriens
Alassane Ouattara ne pourra pas bâtir cette Côte d'Ivoire tout seul, ce sera l'œuvre de tous les Ivoiriens
Manifestation pro-Gbagbo à Paris sur les Champs-Elysées
Plus de 400 pro-Gbagbo ont manifesté lundi 11 avril 2011 au soir sur la prestigieuse et symbolique avenue des Champs-Elysées à Paris. La manifestation a ensuite dégénéré en échauffourées avec la police pendant lesquelles sept policiers ont été blessés et neuf personnes interpellées.

mardi 5 avril 2011

Journal des infos du Bénin

MEMO SUR L’ACTUALITE POLITIQUE NATIONALE
Du 5 avril 2011

Le Bénin s’apprête à investir ce mercredi 6 avril 2011 le nouveau président de la République, élu pour un mandat de cinq ans. A l’issue du premier tour de l’élection présidentielle, tenue le 13 mars 2011, c’est le candidat Boni Yayi, président sortant, qui est déclaré élu par la Cour constitutionnelle, en tant qu’institution ayant en charge la proclamation des résultats de l’élection présidentielle et par ailleurs juge du contentieux électoral. Boni Yayi a été crédité de plus de 50% des voix exprimées lors de ce scrutin pour être déclaré élu dès le premier tour. Neuf des 13 candidats en lice ont contesté les résultats tels que communiqués par la Commission électorale nationale autonome (Cena) et proclamés par la Cour constitutionnelle. Ils ont collégialement dénoncé un « hold-up électoral » et formé des recours dans ce sens devant la Cour constitutionnelle. Ils sont allés jusqu’à réclamer l’annulation pure et simple du premier tour de l’élection étant données les « conditions calamiteuses » de son organisation en absence de véritable liste électorale connue d’avance et disponible pour tous ainsi que les nombreuses irrégularités qui ont entaché le déroulement du vote proprement dit. L’ensemble des recours n’ayant pas prospéré, plusieurs manifestations de protestation enregistrées à Cotonou, capitale économique du Bénin et Porto-Novo, capitale politique, ont été organisées par les partisans du candidat Adrien Houngbédji et réprimées dans le sang par les forces de sécurité publique qui ont interpellé plus d’une dizaine de manifestants ayant fait l’objet d’information judiciaire.  Le calme est retrouvé depuis plusieurs jours, mais les centrales syndicales projettent de paralyser le pays en cas de statu quo. 

Dans ce calme apparent, l’Administration organise l’investiture du nouveau-ancien président élu. On annonce l’invitation d’une dizaine de chefs d’Etat africains. Porto-Novo, capitale politique et fief du candidat de l’Union fait la Nation, la plus grande formation politique, arrivé deuxième avec plus de 40% des suffrages, fait sa toilette avec la crainte d’accueillir la plus controversée des investitures de président de la République sous l’ère du renouveau démocratique. Aussi, le Parlement devant lequel le nouveau président devait prêter serment, en présence des membres de la Cour constitutionnelle, n’a pu ouvrir sa première session ordinaire de l’année 2011 ce lundi pour faute de quorum, seulement 16 députés avaient répondu présent à l’invitation du président de l’Assemblée nationale.

Aubin R. TOWANOU

vendredi 1 avril 2011

Journal des infos du Bénin

MEMO SUR L’ACTUALITE POLITIQUE NATIONALE
Du 1er avril 2011

Le mercredi 30 mars 2011, au petit matin, la Cour constitutionnelle a rendu sa décision portant proclamation définitive des résultats de l’élection présidentielle du 13 mars 2011. Ceci à la suite de l’examen des recours formulés devant elle dans le cadre de la gestion du contentieux électoral. La plus haute juridiction béninoise en matière constitutionnelle a rejeté l’essentielle des arguments et moyens exhibés par les contestataires des chiffres issus de l’élection présidentielle et a confirmé ceux communiqués à l’occasion de la proclamation provisoire des résultats.

Depuis la proclamation des résultats définitifs de l’élection présidentielle du 13 mars 2011, les réactions se succèdent et ne ressemblent pas. Pour les proches du pouvoir sortant, dont le candidat a été déclaré gagnant dès le premier tour de l’élection présidentielle, l’heure est aux félicitations et à l’encouragement de leur leader à aller de l’avant dans sa détermination à poursuivre la construction du Bénin. Pour le camp d’en face, la contestation est loin de faiblir. La ville de Porto-Novo, capitale politique du Bénin, a enregistré ce mercredi 30 mars sa deuxième journée de manifestations de protestation pos-électorale. Des manifestations réprimées avec la dernière rigueur par les forces de sécurité publique qui ont usé de tirs de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants en interpelant plusieurs dizaines d’entre eux. Les blessés se comptent pas dizaine tant dans le camp de la police que de celui des manifestants. En effet, les agents de la police et de la gendarmerie ont fait face à des manifestants prêts à les affronter physiquement.

Du côté des déclarations des personnalités politiques, chacun des deux camps enregistre des mots favorables. Pour celui du pouvoir, l’appel au calme et à la désobéissance aux candidats contestataires ainsi que le refus de la violence et donc la sauvegarde de la paix sont les expressions les mieux partagées. Du côté du camp d’en face, le langage est tout autre. La paix, oui, mais pas à n’importe quel prix. « Les frustrations, la tricherie et ……….» sont les détonateurs des violences qui déchirent les nations. Plusieurs personnalités politiques, toutes tendances confondues, les candidats en tête, se partagent les rôles dans cet exercice délicat qui laisse parfois transparaître des changements de positions de la part de certains hommes politiques.

A la Commission électorale nationale autonome (Cena), le dépôt de candidature pour les élections des députés à l’Assemblée nationale est clôturé depuis ce mardi 29 mars 2011 à minuit. Tous les états-majores politiques du Bénin se retrouvent sur la ligne de départ. L’Union fait la nation, sauf le Rdl-Vivotin, a déposé son dossier de candidature tout comme si de rien n’était. En dehors de Adrien Houngbédji, son candidat unique à l’élection présidentielle, toutes les personnalités de premier rang de cette formation politique ont leurs noms sur la liste. Du côté de l’alliance Abt, en dehors de Abdoulaye Bio Tchané lui-même, tous ses lieutenants sont inscrits. Le camp de la majorité au pouvoir a brillé par l’inflation de liste de candidatures.

Aux dernières nouvelles en provenance de la Cena, même si la date du 17 avril doit être, sauf cas de force majeure, maintenue pour la tenue du scrutin des législatives, la période de la campagne ne peut plus durer quinze jours, conformément à la loi, étant donné que l’étude des dossiers de candidature n’est pas encore achevée et que l’issue de celle-ci pouvait ouvrir la voie à la gestion du contentieux en cas de rejet de candidature.


Aubin R. TOWANOU

dimanche 27 mars 2011

Journal de l'actualité au Bénin

MEMO SUR L’ACTUALITE POLITIQUE NATIONALE
Du 27 mars 2011

A la suite de la ville de Cotonou, la capitale politique du Bénin, Porto-Novo, a enregistré, ce samedi 26 mars 2011, une manifestation de l’opposition contestant les résultats de la dernière présidentielle au Bénin. Cette manifestation s’est déroulée dans l’arrondissement de Catchi sur le grand boulevard et a été réprimée violemment par les agents des forces de sécurité publique. Les manifestants ont essuyé des tires de gaz lacrymogène pendant qu’ils s’apprêtaient à prendre départ pour une marche de protestation. On dénombre plus d’une dizaine de blessés. Plusieurs d’entre eux ont été interpellés puis conduits au poste de police où ils ont été gardés à vue.

Pendant ce temps, à l’intérieur du pays, de nombreux militants du camp au pouvoir continuent de manifester leur joie de voir leur candidat élu dès le premier tour de l’élection présidentielle du 13 mars 2011. Ceci en toute violation de l’arrêté du ministre de l’intérieur, pris le 17 mars 2011, pour interdire toutes manifestation publique relative à la présidentielle. Arrêté sur lequel se basent la police pour réprimer les manifestations organisées par l’opposition.

Pour ce qui concerne la suite des deux manifestations de protestation réprimées dans la ville de Cotonou le 24 mars dernier, la justice a relaxé pour insuffisance de preuve le député Raphaël Akotègnon et ses trois complices. C’était dans le cadre de la procédure de flagrant délit enclenchée contre eux après les avoir molestés et interpelés sur les lieux desdites manifestations. Sous les ovations d’une foule impressionnante, lesdites personnes ont été accueillies à leur sortie du palais de justice avec à leurs côtés plusieurs députés et autres cadres de l’opposition. Des personnalités qui étaient mobilisées dès l’interpellation du député et ses complices en observant quasiment le siège tant au commissariat central qu’au tribunal de Cotonou. Pour la police, la justice a méprisé les textes en relaxant les prévenus. Le commissaire central de la ville de Cotonou, M. Houndégnon soutient que leur interpellation est justifiée et si c’était à refaire, il recommencera sans retenu afin que force reste à la loi. Il a déploré le fait que plusieurs manifestants étaient prêts à en découdre avec les agents de la police au point d’en violenter et tenter d’en immoler au moyen d’essence récupérée auprès des vendeurs ambulants installés aux abords de la voie publique.

Pour ce qui concerne le processus électoral en cours dans le cadre de la présidentielle, tous les regards sont tournés vers la Cour constitutionnelle qui continue de traiter des recours à elle adressés. La gestion du contentieux électoral est donc lancée depuis ce vendredi 25 mars, dernier jour du dépôt des recours pour dix jours au plus conformément à la loi. Par ailleurs, les formations politiques continuent de finaliser les listes électorales dans le cadre des élections législatives à venir.

Aubin R. TOWANOU