mercredi 10 août 2011

Côte d'Ivoire

Alassane Ouattara fait signer une «charte d'éthique» à ses ministres

Le président Alassane Ouattara a fait signer à ses ministres hier mardi 9 août 2011 à Abidjan une « charte éthique » qui vise à moraliser la vie publique et à rompre avec la corruption érigée, selon lui, en mode de gestion. Ce code déontologique doit permettre à la Côte d’Ivoire de regagner la confiance des investisseurs internationaux, a précisé le président ivoirien.
Main droite levée, le Premier ministre Guillaume Soro et les autres membres du gouvernement ivoirien formé début juin ont défilé devant Alassane Ouattara. Par ce geste, qualifié par le chef de l’Etat d’« historique », ils ont signifié leur engagement à la « charte d’éthique » et ses dix valeurs cardinales pour lutter contre la corruption et le népotisme.
Depuis sa prise de fonction et après l’arrestation le 11 avril dernier de son prédécesseur Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara a promis de remettre de l’ordre au sein du gouvernement et de rétablir les services publics et les finances du pays.

« Notre pays a souffert pendant trop longtemps de pratiques illicites qui ont porté atteinte à la crédibilité de notre gouvernement, a-t-il dit. La corruption, la course effrénée à l’enrichissement illicite, le trafic d’influence , les abus de biens sociaux, le népotisme, le clientélisme, les détournements en tous genres, ont été érigés en mode de gestion », a accusé le chef de l'Etat ivoirien, promettant une rupture.

Ancien haut responsable du Fonds monétaire international (FMI) et économiste de formation, Alassane Ouattara assure que cette charte doit permettre à la Côte d’Ivoire de regagner la confiance des investisseurs internationaux. Il a rappelé que son pays est arrivé au 168e rang sur 188 pays, dans le dernier classement Doing Business de la Banque mondiale en matière d’environnement des affaires.

Les nouvelles autorités de Côte d’Ivoire comptent notamment sur l’appui des bailleurs de fonds internationaux pour relancer la première économie d’Afrique de l’Ouest francophone

NOUVELLES INCULPATIONS DE PROCHES DE LAURENT GBAGBO

Douze personnes de l'entourage de l'ancien président Gbagbo ont été inculpées depuis vendredi 5 août, notamment pour atteinte à la sûreté de l'Etat. Sept d'entre elles sont détenues dans la prison de Bouna (nord-est), parmi lesquelles le président du FPI, Pascal Affi N’guessan et Michel Gbagbo, l’un des fils de l’ex-président. Cinq autres personnes sont assignées à résidence à Katiola, dans le centre du pays. 
Pascal Affi N’guessan et ses six co-détenus de Bouna ont été inculpés vendredi 5 août 2011, la veille du discours du président Ouattara pour le 51e anniversaire de l’indépendance de la Côte d’Ivoire. Dans cette allocution, il tendait la main aux responsables du FPI et de LMP, l’ex-majorité présidentielle.
L’ancien Premier ministre, Affi N’guessan, Michel Gbagbo, le fils de l’ancien président, Diabaté Beh, un ancien conseiller économique à la présidence, et quatre autres détenus sont tous inculpés au moins pour crimes économiques et éventuellement pour atteinte à la sûreté de l’Etat.
Peu de temps après l’arrestation de Laurent Gbagbo le 11 avril dernier, le président du FPI, Pascal Affi N’guessan, avait été l’un des premiers cadres pro-Gbagbo à se retrouver en résidence surveillée dans un hôtel d’Abidjan. Il avait pu garder un téléphone pour communiquer mais très rapidement, fin avril, il avait été emmené, d’abord au Golf Hôtel, où se trouvait l’ensemble du premier gouvernement Ouattara, -un gouvernement qui reprochait à Affi Nguessan d’avoir voulu organiser une rébellion en contactant les militaires ivoiriens exilés au Ghana. Pascal Affi N'Guessan a été par la suite transféré dans la prison de Bouna dans le nord, où il est encore détenu.
Selon l'AFP, qui site le parquet d'Abidjan, cinq autres personnes assignées à résidence à Katiola, dans le centre du pays, dont l'ex-chef des « femmes patriotes » Geneviève Bro Grébé et l'ancien ministre Jean-Jacques Bechio, ont également été inculpées.
Les 12 inculpés restent détenus sur les mêmes sites mais sont désormais en détention préventive.  Vingt-six autres pro-Gbagbo -parmi lesquels l'ancien Premier ministre Akè N'gbo et d'autres ex-ministres - avaient déjà été inculpés d'atteinte à la sûreté de l'Etat ou d'infractions économiques. Ils sont détenus principalement à Boundiali dans le nord. 
Laurent Gbagbo est détenu à Korhogo, également dans le nord, et son épouse Simone à Odiéné, dans le nord-ouest. Aucun des deux n'a pour l'instant été inculpé. Les avocats de l'ex-président jugent sa détention illégale. 
Des proches de la mouvance Gbagbo estiment que les inculpations en cours dissuadent certains cadres qui ont fui lors de la crise de rentrer dans leur pays, malgré la main tendue par Alassane Ouattara.

jeudi 28 juillet 2011

Japon - Bénin - Séïsme

Assistance au peuple japonais : La collecte de la Fondation Ifè continue

Les violents séismes qui frappent le peuple frère du Japon depuis le 11 mars 2011 a laissé des conséquences dramatiques. La Fondation Ifè dans un élan de compassion, a lancé depuis le 22 avril 2011, une souscription volontaire au profit des victimes qui continuent par être enregistrées. Le communiqué qui suit donnent les détails sur la poursuite de la collecte.


Communiqué de Presse
Depuis le 22 avril 2011, la Fondation Ife a lancé une opération de collecte de fonds au profit des victimes des séismes auxquels le peuple japonais fait face depuis le 11 mars 2011.
Prévu pour être clôturée le 22 juillet 2011, l’opération a été prolongée d’un mois. Ainsi, les compatriotes béninois sont invités à continuer par souscrire jusqu’au 22 aout 2011 afin de permettre à la Fondation Ife d’apporter cette assistance symbolique au peuple japonais meurtri.
Les urnes sont toujours entreposées dans plusieurs villes du Bénin. Aussi le compte n°12550139969 Financial Bank est toujours ouvert à cet effet. Ensemble mobilisons-nous pour témoigner notre compassion au peuple ami du Japon.
Cotonou, le lundi 25 juillet 2011

Bénin - Fronde sociale

 Négociations gouvernement-syndicats : L’intégralité du relevé des conclusions
Les négociations en cours entre le gouvernement et les organisations syndicales depuis le 1er juillet 2011 devraient prendre fin dans les prochaines heures. Mais déjà, le relevé des conclusions qui sanctionnera ces pourparlers est déjà disponible. Entre autres décisions, il est institué un coefficient de revalorisation de 1,25 de l’indice de traitement au profit des agents de l’Etat. Si son application prend effet à partir du 1er janvier 2011 pour les agents du Ministère des de l’économie et des Finances, les autres travailleurs bénéficieront de cet avantage à compter du 1er janvier 2012 et ce, de façon progressive. Lire la teneur dudit relevé.
Relevé des conclusions
Les vendredi 1er, samedi 2, vendredi 8, mardi 19, vendredi 22 et lundi 25 juillet 2011, s’est tenue à l’Infosec à Cotonou, une session extraordinaire de la Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement / Centrales et Confédérations syndicales.
Ont pris part aux travaux :
Du côté du Gouvernement :
- Premier ministre chargé de la coordination de l’Action gouvernementale, de l’évaluation des politiques publiques du programme de dénationalisation et du dialogue social, monsieur Pascal Irenée Koupaki
- Ministre du Travail et de la Fonction publique, madame Mêmouna Kora Zaki Leadi ;
- Ministre du développement, de l’Analyse économique et de la prospective, monsieur Marcel Alain de Souza ;
- Ministre de l’Economie et des Finances, madame Alayi Adidjatou Mathys ;
- Ministre de la Santé madame Dorothé Akoko Kindé Gazard ;
-Ministre des Enseignement Maternel et Primaire, monsieur Eric Kouagou N’Da ;
- Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la recherche scientifique, monsieur François Adebayo Abiola ;
- Ministre de l’Enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, de la reconversion et de l’Insertion des jeunes, monsieur Alassane Soumanou
- Ministre de la Réforme Administrative et Institutionnelle, monsieur Martial Sounton
- Directeur du Cabinet civil du Président de la République, madame Véronique Hachémè
Du côté des Centrales et Confédérations Syndicales :
1. Pour la confédération Syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) :
- monsieur Gaston K. Azoua, Secrétaire général,
- Paul Essè Iko,
- Soulé Salako
- Claude Zibo
- Aurelien Lagbadohossou
- Marcellin B. Sassé
- Samuel Alamou, Laurent K. Métongnon,
- Kuassi Cakpo Besse
2. Pour la confédération des syndicalts autonomes du Bénin (Csa-Bénin) :
- Messieurs Dieudonné Lokosssou, secrétaire général,
- Daniel Ataïgba
- Robert Yavohedji,
- Alexandre Kiki
- Gafar Salami
- Paul Hounguevou,
- Mesdames Emilienne Noëlle Daa,
- Nouratou Gambia ;
3. Pour la confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) :
- Messieurs Pascal D. Todjinou, secrétaire général,
- Michel C. Kissi,
- Taofick Adam,
- Jimy Agongbonon,
- Aubin Adoukonou,
- André Gounfle ;
4. Pour la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) :
- Messieurs Georges Kakaï Glèlè, secrétaire Général,
- Jules S. Guezodjè,
- Jean Fouti,
5. Pour l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb) :
- Messieurs Emmanuel Zounon, secrétaire général,
- Marcel Dègla Vodougnon,
- Dominique S. Kouton,
- Dénis Togodo,
6.Pour la Centrale des syndicats Unis du Bénin (Csub) :
- Messieurs Jean Sourou Agossou,
- Laurent Cakpo Besse,
7. Pour la Centrale des syndicats des secteurs privés et informel du Bénin (Cspib) :
- Monsieur Christophe C. Dovonon, secrétaire général,
- Madame Yvette Akinocho
Les travaux ont été présidés par le premier ministre chargé de la coordination de l’Action gouvernementale, de l’évaluation des politiques publiques, du programme de décentralisation et du dialogue social, Président de la Commission.
Le projet d’ordre du jour de la session est le suivant :
1) Evaluation de l’application du relevé des conclusions du 20 avril 2011 et perspectives ;
2) Questions diverses
Ce projet d’ordre du jour a été soumis à l’amendement des participants. Suite aux échanges, il a été suggéré que les perspectives fassent l’objet d’un point séparé. Ainsi, l’ordre du jour adopté se présente comme suit :
1)Evaluation de l’application du relevé des conclusions du 20 avril 2011 ;
2)Perspectives ;
3)Questions diverses.
1-Evaluation de l’application du relevé des conclusions du 20 avril 2011
Abordant ce premier point, le Président de séance a rappelé le contexte de la tenue de la présente session extraordinaire. En effet, du 14 au 21 avril 2011, la commission s’était réunie en session extraordinaire. L’une des principales conclusions du relevé ayant sanctionné les travaux de cette session est l’institution d’un coefficient de revalorisation de 1,25 du traitement indiciaire aux agents de l’Etat avec effet pour compter du 1er janvier 2011 au profit des personnels du Ministère de l’Economie et des Finances. Cette mesure a été adoptée par le Conseil des Ministres en sa séance du mercredi 27 avril 2011 et a fait l’objet du relevé n°14/Sgg/Rel du 28 avril 2011. En exécution de cette décision, le décret n°2011-335 du 29 avril 2011portant institution d’un coefficient de revalorisation des traitements indiciaires des agents de l’Etat du Ministère de l’Economie et des finances a été pris. Saisie d’une requête de dame Ingrid Houéssou, la Cour Constitutionnelle a par la décision Dcc 11-042 du 21 juin 2011, déclaré le décret n° 2011-335 du 29 avril 2011 cité plus haut contraire à la constitution.
Par ailleurs, certains syndicats de base de l’administration publique ont estimé que les dispositions du décret n°2011-335 du 29 avril 2011 sont discriminatoires et ont demandé l’extension de la mesure à tous les agents de l’Etat. Cette revendication, en plus de celles liées à la correction des disparités catégorielles et à l’harmonisation des primes et indemnités dans la Fonction publique, a été marquée par des arrêts collectifs de travail dans plusieurs ministères. Les partenaires sociaux ont déploré le manque de concertation dans le processus d’élaboration du projet de décret instituant le coefficient de revalorisation des indices de traitement avant son adoption par le Conseil des Ministres. A l’issue de cette présentation, un débat général a été engagé sur le premier point de l’ordre du jour. Les principaux axes de ce débat se présentent comme suit :
- Exécution des tâches contenues dans le relevé des conclusions du 20 avril 2011 ;
- Appréciation du relevé des conclusions du 20 avril 2011 ;
Sens et portée des solutions à rechercher pour mettre un terme à la crise sociale.
1-1 : L’exécution des tâches contenues dans le relevé des conclusions du 20 avril 2011
Il ressort des différentes interventions à la suite de la présentation de l’exécution des tâches contenues dans le relevé qu’elles ont été partiellement exécutées. Cette situation serait due à l’insuffisance du suivi des dossiers par le secrétariat Permanent. Il est recommandé à cet effet une meilleure impulsion des dossiers par le secrétariat Permanent.
1-2 : L’appréciation du relevé du 20 avril 2011
Toute analyse faite, les membres de la commission nationale ont reconnu que le relevé des conclusions était conforme à l’esprit des débats. Mais le décret n°2011-335 du 29 avril 2011 selon les représentants des centrales et confédérations est resté en deçà de cet esprit en n’étendant pas ses dispositions à tous les agents de l’Etat. Suite à la décision Dcc 11-042 du 21 juin 2011 déclarant le décret n°2011-335 du 29 avril 2011 contraire à la constitution, le gouvernement prenant acte de cette décision, a procédé à l’abrogation du décret. Les centrales et confédérations syndicales n’ont pas apprécié la promptitude avec laquelle le gouvernement a abrogé le décret incriminé sans une concertation préalable avec les partenaires sociaux. Il a été convenu que ce relevé des conclusions ne soit pas remis en cause car il a traduit les aspirations profondes de tous les membres. Mais face à la situation sociale actuelle, il convient de trouver les voies et moyens pour rechercher des approches de solutions à la revendication des travailleurs relativement à l’institution d’un coefficient de revalorisation de l’indice de traitement à tous les travailleurs concernés.
1-3 : Le sens et la portée des solutions à rechercher pour mettre terme à la crise sociale
Selon le Gouvernement, face à la crise sociale, il convient de privilégier les solutions progressives et durables par rapport aux solutions aux solutions immédiates qui ne résisteront pas au temps et amèneront à ouvrir des cycles de négociations interminables.
Par ailleurs, l’institution du coefficient 1,25 de l’indice de traitement aux agents de l’Etat entraîne d’ une part, une incidence financière additionnelle de 16 milliards Fcfa sur la masse salariale qui est aujourd’hui de 270 milliards Fcfa et d’autre part, un impact de 6,5milliards Fcfa sur le Fonds National des Retraites du Bénin. Force est de reconnaître qu’il existe aujourd’hui une distorsion entre l’évolution des recettes fiscales et la masse salariale. Ce dernier croît 4 à 5 fois plus vite que le Produit Intérieur Brut. Cet état de chose compromet les investissements publics, plongeant davantage le Bénin dans la pauvreté. La satisfaction de la revendication nécessite que la productivité des services soit relevée. Ainsi, les arrêts collectifs de travail ne sont pas de nature à favoriser la mobilisation des ressources pour faire face aux charges de plus en plus élevées ; d’ou la nécessité de privilégier le dialogue tout en travaillant. En réaction à cette analyse, les secrétaires généraux des centrales et confédération syndicales tout en rejetant les chiffres énoncés par le Gouvernement, ont soutenu que le respect des engagements internationaux ne peut faire obstacle à la satisfaction des revendications des travailleurs. Le Bénin est un pays souverain qui ne doit pas se lier intimement aux engagements régionaux et internationaux sans tenir compte des réalités nationales. Aussi, récusent-ils le montant de la masse salariale communiqué par le Gouvernement car selon eux, tous ses éléments constitutifs ne relèvent pas des dépenses de personnel. De l’avis des organisations syndicales, il existe beaucoup d’institutions non prévues par la Constitution et dont les budgets affectent largement la masse salariale, qui ne devraient pas y être intégrées. Dans la recherche des approches de solutions devant permettre une sortie de crise, le Président de la Commission a proposé et obtenu des membres, la mise sur pied d’un comité ad hoc bipartite composé comme suit :
Du côté de l’administration
Hossou Célestin,
Zinkpe Grégoire Marie-Joseph,
Gandemey Jean- Yves Paul
Didavi Désiré
Yekou Gaston
Yekpon Daladier
Du côté des syndicats
Guezodje S. Jules
Kissi Codjo Michel
Metognon Laurent,
Gnonlonfoun A. Valentin,
Toboula S. Modeste
Adoukonou E. Aubin
Midohoungbe Aristide
Fouti Jean
Il ressort en substance des travaux du Comité Ad hoc, la proposition consensuelle de conversion de deux primes en indice de traitement. Il s’agit de la prime de rendement et de la prime spécifique. Le gain de la conversion de ces deux (02) primes est estimé à cinq milliards (5.500.000.000) F Cfa. Les représentants de l’administration ont fait observer que la solution de la conversion des primes a des implications sur le Fonds national des retraites du Bénin dont le déficit était déjà très prononcé. En réponse, les représentants des organisations syndicales ont suggéré que les diligences soient observées pour le vote en procédure d’urgence du projet de loi modifiant le code des pensions civiles et militaires retraité. Par ailleurs, les partenaires sociaux ont informé le Gouvernement que la proposition de la conversion des primes en coefficient de revalorisation des indices de traitement n’a pas reçu l’assentiment des militaires à la base. Cette situation amène à définir de nouvelles pistes de réflexions pour des solutions durables.
1-4 Analyse de la situation
Le Gouvernement a présenté l’analyse suivante de la situation : « La conversion des deux primes (prime de rendement et prime spécifique) en indice de traitement équivaut à un coefficient de revalorisation de 1,086. Face à un besoin de ressources additionnelles de 16 milliards pour financer l’attribution d’un coefficient de 1,25 tous les agents de l’Etat éligibles, il se dégage un écart de financement de 10,5 milliards F Cfa qu’il est difficile de couvrir à court dans un conteste de gestion budgétaire étriquées avec des risques d’apparition d’arriérés salariaux. De 2005 à 2011, la masse salariale est passée de 135 milliards à 270 milliards de F Cfa. Cette situation, aggrave par le fléchissement du niveau des recettes fiscales, ne permet pas le financement des investissements et par conséquent, a un impact négatif sur le développement économique et social. L’analyse des ratios macro économique pays fait ressortir de graves distorsions. En effet, le ratio masse salariale sur recettes fiscales qui devrait être conforme à la norme communautaire de 35% est passé de plus de 45%. Le solde budgétaire de base qui devrait être positif conforment aux exigences de L’Uemoa est négatif et s’établit à 2,7% du Pib. Le Produit Intérieur Brut ne va connaître en 2011 qu’un accroissement de 4,1% en terme réel alors que le traitement indiciaire va augmenter davantage de 25%.
Tous ces indicateurs ne permettent pas un réel décollage économique
Eu égard à tout ce qui précède, il ne serait pas judicieux d’instituer et de généraliser immédiatement un coefficient de revalorisation des indices de traitement de 1,25 sans prendre en considération le contenu du projet de loi portant statut général de la fonction publique en cours d’élaboration, les conclusions des études sur les système de rémunération des agents de l’Etat, l’harmonisation des primes et indemnités dans la fonction publique, les audits des effectifs et des budgets des ministères et institutions de l’Etat.
En ce qui concerne le projet de loi portant statut général de la Fonction publique, il sera organisé en novembre 2011 deux séminaires de dissémination et d’appropriation, l’un à l’intention des organisations syndicales (Centrales et Confédérations syndicales) et l’autre à l’intention des directeurs des Ressources Humaines. A l’issue de ces deux séminaires, une synthèse sera faite et soumise à l’approbation de la commission nationale. Les conclusions de l’étude sur le système de rémunération des agents de l’Etat seront disponibles en novembre 2011 et seront examinés par les organes appropriés dont la commission nationale. Le rapport sur l’harmonisation des primes et indemnités dans la fonction publique sera intégré à l’étude sur le système de rémunération des agents de l’Etat. Il s’agit donc d’un paquet de réformes pouvant permettre de maîtriser les agrégats économiques et budgétaires aux fins de prendre des décisions appropriées dont l’application sera pérenne. Pour ce faire, chaque partie doit jouer sa partition pour l’atteinte des objectifs communs que sont la paix et la justice sociales qui requièrent un engagement fort de tous les acteurs à travers une participation accrue à l’ aboutissement desdites réformes dans un climat social apaisé. Au regard de la volonté des deux parties d’aboutir à un accord global de longue durée, il apparait nécessaire d’analyser l’évolution future de la valeur du point d’indice en fonction du taux d’inflation, du taux de croissance économique estimée et prévisible, du ratio masse salariale sur recette fiscale, du ratio masse salariale par rapport au produit Intérieur Brut, du taux d’investissement public projeté et des recrutements anticipés
Les représentants du Gouvernement estiment que l’appréciation de l’évolution future des salaires objet de fréquentes revendications syndicales sera basée sur les principes directeurs suivants :
1- La recherche du mieux-être pérenne pour tous les agents de l’Etat en
Contrepartie d’une amélioration significative de la productivité du travail
2- Une approche non discriminatoire vis –vis des différentes catégories
Socioprofessionnelles, c’est- à –dire, une plus grande équité dans la
Répartition des ressources,
3- une juste appréciation de la réalité économique et budgétaire nationale qu’il faut réussir à transformer pour davantage de progrès sociaux,
4-une juste appréciation des ressources disponibles et prévisibles dans un contexte d’une plus grande transparence budgétaire et une plus grande maîtrise des dépenses publiques.
II- Perspectives : propositions de sortie de crise
2-1 Harmonisation des primes et indemnités dans la fonction publique
La question de l’harmonisation des primes et indemnités trouvera sa solution dans l’étude sur le système de rémunération des agents de l’Etat dont le rapport est attendu pour fin novembre2011.
Les conclusions de cette étude feront l’objet d’une dissémination notamment au niveau des partenaires sociaux et des Directions des Ressources Humaines. 2-2 Correction des disparités catégorielles
Il faut indiquer que les disparités catégorielles doivent trouver leur solution dans l’adoption du projet de loi portant statut général de la Fonction Publique. Ce projet de texte fera l’objet de deux séminaires de dissémination avec les organisations syndicales d’une part avant son examen par la Commission nationale.
2-3 L’institution d’un coefficient de revalorisation de 1,25 de l’indice de traitement au profit des agents de l’Etat.
Il convient de rappeler qu’il s’agit de la correction de l’indice de traitement et non de celle de la valeur du point d’indice. Il est convenu que le principe de la revalorisation de l’indice de traitement de 25% au profit de tous les agents de l’Etat est acquis pour compter du 1er janvier 2011. L’application du coefficient de revalorisation de 1,25 de l’indice de traitement au profit du personnel du Ministère de l’Economie et des Finances, prend effet à compter du 1er janvier 2011. En ce qui concerne le personnel des autres ministères et institutions de l’Etat, le bénéfice de cette revalorisation de l’indice de traitement prend effet pour compte du 1er janvier 2012 et sera progressif suivant le chronogramme ci- après :
Année 2011 :5% Année2012 :5% Année2013 :5% Année 2014 :10%
Les Modalités de rattrapage de la revalorisation de 5%de l’indice de traitement au titre de l’année 2011 seront déterminées ultérieurement.
2-4 Diligences particulières
Des dispositions doivent être prises pour soumettre le projet de loi portant statut général de la Fonction publique et le projet de loi modifiant le code des pensions civiles et militaires de retraite à l’Assemblée nationale dans les meilleurs délais possibles. De même, les audits des effectifs et des budgets des ministères et institution de l’Etat devrons être engagés.
2-5 Décrispation sociale
Au regard de la volonté commune de rechercher des solutions durables à la crise, la partie gouvernementale s’est préoccupé du climat social dans lequel doivent s’opérer les réformes pour permettre à l’état de dégager les ressources nécessaires pour faire face aux charges induites par la revalorisation progressive des salaires et le financement des investissements publics. Aussi, est-il convenu entre les parties que sur les revendications des travailleurs , le dialogue social doit être privilégié au recours à des grèves qui paralysent l’action administrative et amoindrit son efficacité, toute chose qui constitue un obstacle sera mis en place pour analyser ensemble les indicateurs d’alerte dans le secteur social. Il est rappelé à tous que le cadre réglementaire pour connaître des revendications d’ordre national est la Commission nationale permanente de concertation et de négociations collectives gouvernement/Centrales et Confédérations syndicales en fonction de la représentativité de celles-ci ;
Il est rappelé à tous que les accords collectifs conclus en son sein s’imposent comme normes dans les relations de travail au niveau de la fonction publique et dans les relations entre le Gouvernement et les partenaires sociaux.
III Questions diverses
L’essentiel des interventions enregistrées dans cette rubrique a consisté en une protestation des responsables syndicaux contre l’immixtion par le biais des médias, des personnes étrangères à la commission dans les conflits de travail et les questions en cours de discutions en cours de discussions au sein de la commission nationale.
Par ailleurs, les partenaires sociaux ont fait remarquer que la revalorisation des indices de traitement a des implications sur le salaire minimum interprofessionnel garanti. A cet effet, il convient de convoquer une session du Conseil national du travail.
Les partenaires sociaux ont souhaité que le processus de mise en place du Régime d’assurance maladie universelle (Ramu) soit accéléré le gouvernement a évoqué la question de la trêve sociale. Les partenaires sociaux ont fait observer que sa mise en œuvre nécessite des conditions particulières qui ne sauraient être débattues au cours de la présente session. Au demeurant, une session de la commission nationale pourrait être consacrée à la question.
Cotonou, le lundi 25 juillet 2001
On signé
Représentants du gouvernement
Premier ministre chargé de la coordination de l’action gouvernementale, de l’évaluation des politiques publiques du programme de dénationalisation et du dialogue sociale
Pascal Irénée Koupaki
Ministre du Travail et de la fonction publique
Mêmouna Kora Zaki Leadi
Ministre du Développement, de l’analyse économique et de la prospective Marcel Alain de Souza
Ministre de l’Economie et des finances
Alayi Adidjatou Mathys
Ministre de la Santé Dorothée A. Kindé Gazard
Ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique François Adébayo Abiola
Ministre de l’Enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle, de la reconversion et de l’insertion des jeunes Alassane Soumanou
Directrice de cabinet civile du président de la
République Véronique F. Brun Hachémè
Ministre des Enseignements maternel et primaire
Eric Kouagou N’Da
Représentants des centrales et confédérations
Pour le Secrétaire général de la Confédération syndicale des travailleurs du Bénin (Cstb) et PD
Paul Essè Iko Sga/Cstb
Secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb) Pascal Todjinou
Secrétaire général adjoint de la Confédération des syndicats autonomes du Bénin (Csa-Bénin)
Daniel Ataïgba
Secrétaire général de la Confédération des organisations syndicales indépendantes du Bénin (Cosi-Bénin) Georges Kakaï Glèlè
Secrétaire général de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (Unstb)
Emmanuel Zounon
Secrétaire général de la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub) Jean S. Agossou
Secrétaire général de la Centrale des syndicats des secteurs privé et informel du Bénin (Cspib)
Christophe C. Dovonon

Crises économique et sanitaire en Afrique de l'Ouest


Une épidémie de choléra sévit au Mali. Deux régions du nord sont touchées. Les autorités sanitaires affirment être sur le pied de guerre contre l’épidémie. En une dizaine de jours, on a dénombré plus de 200 cas, dont 144 dans la région de Mopti et 79 à Tombouctou. Une situation préoccupante qui intervient en pleine crise éconoique qui influence dangereusement toutes les politiques sociales, voire sanitaires dans les pays de l'Afrique de l'Ouest. Déjà sérieusement affectée par le paludisme qui représente la première cause de mortalité, l'Afrique de l'Ouest dispose de peu de moyen pour prendre en charge convenablement les victimes de cette nouvelle épidémie qui affaiblit rapidement les sujet déjà affectés par le paludisme.

mardi 26 juillet 2011

Info sur le Bénin

RETOUR SUR L'ACTUALITE BENINOISE

Chers lecteurs, chers internotes, suite aux élections calamiteuses couronnées par des résultats quasiment innacceptables mais tolérés que le Bénin a connu en avril 2011, nous avions pris un temps de répi pour remettre nos idées en place afin de reunir l'anergie nécessaire pour apprécier ce qu'il convient de retenir désormais du Bénin, un pays que nous pensions connaître, avant de nous rendre apte à traiter, à nouveau, l'information politique dans cette partie bouillonnante de l'Afrique. Je nous souhaite alors bon retour. Bientôt l'animation au quotien du site va reprendre pour le plus grand bonheur de tous et surtout pour servir ce qui reste de la démocratie béninoise...

vendredi 6 mai 2011

Burkina Faso

UN SOLDAT MUTIN BURKINABE SE CONFIE A RFI
Ouagadougou, 1er avril 2011. Un soldat salue le président Blaise Compaoré.
Ahmed Ouoba
Par RFI
La mutinerie des militaires burkinabè est-elle terminée ? C'est la grande question aujourd'hui au Burkina Faso. Le gouvernement a promis des mesures, notamment des primes de logement et d'alimentation. Suffiront-elles à dissiper un malaise qui semble profond ? Un soldat mutin se confie à RFI.
Pas facile pour un soldat d’accepter de parler micro ouvert. Mais Adama (prénom d'emprunt) a tant de choses à dire : ses difficultés au quotidien, se loger, se nourrir, quand les prix ne font que grimper. Et les chefs qui restent sourds à leurs revendications.
« On leur en veut beaucoup. Ils ne nous respectent pas, et quand on vient souligner une doléance, ils nous chassent. Ils nous insultent comme des enfants. On les soupçonne de détourner de l’argent, beaucoup ».
Pas de doute, le malaise au sein de l’armée burkinabè est profond. C’est pour cela que les soldats se sont mutinés.
« Ce n’est pas de notre faute. Les militaires maintenant, nous sommes devenus des insolvables. On partage le même quotidien, comme les civils. Tout ça, s’est ressorti dans ce problème. C’était très violent ! Il fallait ça. Et maintenant, quand on est sorti avec les armes, on nous a écouté ».
Aujourd’hui, selon Adama, la troupe a le sentiment d’avoir obtenu satisfaction. Les primes seront revues à la hausse et Blaise Compaoré a pris le poste de ministre de la Défense dans le nouveau gouvernement.
« Le président a dit de se calmer. Lui-même il s’en chargera. On le croit. Il va le faire. Tout est calme pour le moment. Pour le moment tout est calme… Parce qu’un matin, si on n’est pas satisfait, on va ressortir encore.
 - Les civils n’ont pas d’armes ? 
 - Tant pis pour eux ! Mais nous, on a des armes. On peut toujours se faire entendre ».
Ont-ils peur des sanctions ? Non, répond sans ambages Adama.
« On ne peut pas condamner tous les militaires burkinabè. Si réellement on veut condamner les militaires burkinabè, c’est les autorités d’abord. Il n’y a pas de raison que nous les petits, on paie ».
Du côté du commandement militaire, on ne souhaite pas s’exprimer pour le moment.
Le 14 avril 2011, les militaires du régiment de sécurité présidentiel se mutinent à Ouagadougou. Très vite la mutinerie se répand à d'autres casernes. Plusieurs raisons sont avancées sur la révolte des soldats : des primes de logement non versées, une décision de justice jugée trop lourde à l'encontre de cinq soldats.
À la suite de ces incidents et des pillages, le président Blaise Compaoré avait limogé son chef d'état-major et plusieurs responsables de la chaîne de commandement des forces de l'ordre. 



France-Afrique
LA FRANCE EXPULSE 14 «EX-DIPLOMATES LIBYENS»
La France déclare « persona non grata » 14 ex-diplomates libyens. Ils disposent de 24 à 48 heures pour quitter le territoire français. Ces diplomates avaient tous été nommés par le régime de Mouammar Kadhafi.
Côte d’Ivoire
IBRAHIM COULIBALY : PARCOURS ET MORT D’UN PUTSCHISTE PROFESSIONNEL
Ibrahim Coulibaly, dit «IB», le 19 avril 2011 lors d'une conférence de presse.
AFP/Issouf Sanogo
« C’est en uniforme militaire que je me sens le mieux », disait souvent Ibrahim Coulibaly qui n’était pas au clair avec lui-même sur la place qu’il entendait occuper dans la vie publique ivoirienne. Tantôt politique, tantôt militaire, IB se sentait en tout cas investi d’un destin national en Côte d’Ivoire. Ibrahim Coulibaly est né le 24 février 1964 à Bouaké. Il a été incorporé dans les Forces armées de Côte d’Ivoire (Fanci) en 1985. Sergent-chef, il s’est illustré dans la vie politique et militaire de son pays en participant à de multiples coups avant de tomber sous les balles, le 27 avril 2011, de ceux qui combattaient dans le même camp que lui pour la chute du régime Gbagbo.
Après avoir connu la prison en France en septembre 2003, où il a été arrêté et accusé de fomenter un coup d’Etat en Côte d’Ivoire, Ibrahim Coulibaly, alias IB, a dit avoir compris qu’ « il ne faut laisser à personne le soin de jouer à sa place un rôle majeur ». Allusion directement faite à Guillaume Soro à qui il aurait demandé d’animer la branche politique du MPCI (Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire), la rébellion qui a pris souche dans le nord du pays. Selon lui, « Bogota » comme il appelait familièrement Guillaume Soro était tout indiqué pour occuper ce poste, lui qui avait fait « des études universitaires » et qui avait été leader de la fédération estudiantine, FESCI.
Ibrahim Coulibaly est un « intrigueur »
Tapis dans l’ombre, il aime tirer sur les ficelles, ordonner un système sans qu’on ne découvre le métronome. Aujourd’hui encore il l’a mis en pratique en étant le chef d’orchestre du fameux « commando invisible », à la différence que, cette fois, au terme d’une première phase d’actions, il se montre pour immédiatement chercher à en tirer les bénéfices.
Le 24 décembre 1999 Ibrahim Coulibaly était déjà un des cerveaux du coup d’Etat qui renversa le président Henri Konan Bédié. Ils étaient une bande de sous-officiers contestataires et révoltés qui ont pris les armes contre les autorités politiques aveuglées par leur nouvelle trouvaille « l’ivoirité ». Cette thèse qui se voulait déterminante dans l’expression de l’identité d’un pays est devenue le cauchemar des « gens au sang mêlé ». Les populations du nord du pays, de la grande famille du Mandé (empire du Manding) se sentaient marginalisées et traitées « d’étrangers » dans leur propre pays. IB est de ceux-là, lui dont le patronyme est autant du Sénégal, de Guinée, du Mali, du Burkina Faso ou du Niger que de Côte d’Ivoire. Pour eux il fallait vite revenir à la Côte d’Ivoire de Félix Houphouët Boigny. Aussi, lors du putsch a t-il fallu trouver un officier, incarnant cette image et qui ne soit pas trop encombrant. « Nous sommes allés chercher le général Robert Guéi et là j’ai vu des officiers peureux », s’amusait Ibrahim Coulibaly.
Mais très vite Robert Guéi a pris de la bouteille et attendait beaucoup de respect dû à son grade. Général tout de même. Il ne voulait pas être sous la coupe de sous-officiers nerveux, fussent-ils grands, costauds et forts comme Ibrahim Coulibaly. Ce dernier, sergent-chef, mesurait environ 2m pour plus de 120kg de muscle. Il était aussi judoka ceinture noire.
Pour mieux asseoir son pouvoir le général Robert Guéi a procédé à une redistribution des cartes au sein l’ordre militaire et a fait «exploser le groupe des sous-off putschistes». Le meneur IB est remercié pour ses bons et loyaux services et nommé attaché militaire auprès de l’ambassade de Côte d’Ivoire au Canada. Un poste, en principe, réservé à un officier supérieur. L’homme se rend compte qu’on veut l’éloigner et très vite organise un coup d’Etat qui échoue, en septembre 2000. Plusieurs de ses compagnons sont tués. Il promet de les venger en traitant le général Guéi «d’ingrat».
Le rebelle marginalisé par les siens
Ibrahim Coulibaly prend le chemin de l’exile et trouve refuge au Burkina Faso. Il réorganise une prise de pouvoir à Abidjan le 19 septembre 2002. Laurent Gbagbo est président de la République. Le coup échoue mais de nombreuses personnalités sont tuées dont le général Robert Guéi. Les insurgés se replient dans le nord du pays qui passe sous leur contrôle. Chef militaire du Mouvement patriotique de Côte d’Ivoire (MPCI), il perd progressivement le pouvoir, dès 2003, au profit du secrétaire général du mouvement, Guillaume Soro. Ce dernier est sur tous les fronts de négociations. C’est lui que l’on voit, c’est lui le chef. Les deux hommes se brouillent. Guillaume Soro fédère les différentes tendances de la rébellion, MPCI, MPIGO (Mouvement populaire ivoirien du Grand Ouest), et MJP (Mouvement pour la justice et la paix) pour créer les Forces nouvelles. La rébellion contre le pouvoir d’Abidjan est désormais sous le commandement de Guillaume Soro. Ibrahim Coulibaly est marginalisé.

Ibrahim Coulibaly dit IB quitte la prison de Fresnes le 17 septembre 2003.
AFP/Jean Ayissi

Puis c’est à Paris qu’il entreprend de «récupérer son travail», comme il se plaisait à dire. Il s’agissait du commandement général de la rébellion qui lui avait échappé. Mais entre-temps Abidjan et Paris avaient commencé de faire un pas l’un vers l’autre. Plusieurs accords de retour au calme étaient engagés et la France ne pouvait laisser IB retourner au pays. Il n’était plus un secret pour personne que l’homme avait l’intention de régler ses comptes avec Guillaume Soro.
Appréhendé quelques jours avant son retour au pays, en compagnie de quelques fidèles, le 25 août 2003, dans un grand hôtel parisien, il s’est vu reprocher «l’appartenance à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste» par les autorités françaises. Ecroué, il obtient une libération sous contrôle judiciaire un mois plus tard. Il se fait discret, voyage en Europe et très rapidement rejoint le Bénin. Il reconstitue méthodiquement un groupe de dévoués mais un mandat d’arrêt international lancé en 2009 par la Côte d’Ivoire perturbe ses plans. Le Bénin lié par les conventions internationales ne peut plus lui offrir sa protection. IB disparaît et donne des nouvelles de lui quelque part au Ghana. En se rapprochant de la Côte d’Ivoire, il organise des opérations d’infiltration avant d’occuper physiquement et clandestinement «le terrain», en l’occurrence le quartier Abobo.
IB sort de ca cachette et se met en scène lui-même
Les événements évoluent en Côte d’Ivoire. La victoire à l’élection présidentielle est revendiquée par Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara. Guillaume Soro est dans le camp d’Alassane Ouattara et de fait, lui apporte l’appui des Forces nouvelles (ex-rebelles). IB et ses hommes harcèlent les Forces de défense et de sécurité pro-Gbagbo. Ils contrôlent des zones pro-Ouattara de la capitale, mais à la chute du régime il ne dépose pas les armes et n'opère pas non plus un ralliement automatique aux Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI). Autoproclamé, général de division, il attendait une reconnaissance «officielle» pour le travail accompli, avant de se mettre au service du président Alassane Ouattara. Il voulait avant tout négocier pour qu’on « donne à césar ce qui est à César » disait-il lors d’une récente conférence de presse. Car, sans armes il n’est rien, ses hommes non plus.
Mais l’offre des nouvelles autorités ivoiriennes était une pilule difficile à avaler. Le président Ouattara, dont il avait été le garde du corps lorsque ce dernier était Premier ministre au début des années 90, lui proposait de discuter avec Guillaume Soro, Premier ministre et ministre de la Défense. Il décline l’offre, mais le président met ses menaces en exécution : «Toutes les milices doivent déposer les armes sinon elles y seront contraintes par la force».
Aujourd’hui c’est l’incompréhension dans le camp des Ouattaristes. Et ceux qui s’expriment parlent d’exécution de quelqu’un dont on voulait se débarrasser. Les autres, les autorités, ont exprimé leur regret et le sort malheureux d’homme entêté









Sénégal
LE MINISTRE SENEGALAIS DE LA JUSTICE DEMISSIONNE DANS UN CONTEXTE DE CRISE
Palais de justice de Dakar, Sénégal.
Laurent Correau / RFI
Par RFI
Au Sénégal, le ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, a démissionné de ses fonctions. L’annonce a été faîte jeudi 5 mai 2011 au soir sur la télévision publique. Aucune raison officielle n’a été annoncée. Mais sa démission coïncide avec un mouvement de grève des magistrats et une série de dossiers remettant en question le système judiciaire.
Près de onze mois après sa nomination au ministère de la Justice, Cheikh Tidiane Sy démissionne de son poste dans un contexte de crise du système judiciaire.
Les magistrats, par exemple, ont entamé un mouvement d’humeur depuis lundi pour réclamer l’indépendance de la justice. « Nous ne voulons plus d’immixtion du pouvoir exécutif dans le pouvoir judicaire », déclare Abdoulaye Ba, le président de l’union des magistrats du Sénégal, joint par RFI. « Nous voulons une justice crédible, poursuit-il, que l’impunité cesse et que les magistrats du parquet puissent avoir leur indépendance ».
Dernière affaire en date : le second procès des chantiers de Thiès, dans laquelle l’indépendance du parquet a été récemment remise en question.
L’opposition, qui ne s’attendait pas à ce départ, partage la même opinion que les magistrats et lie aussi cette démission à une crise du système. « Aucun dossier n’a été jugé de manière indépendante, que ça soit des affaire de mœurs, de corruption et de blanchiment », explique Abdoulaye Bathily, le secrétaire général de la Ligue démocratique.
Enfin, c’est la crédibilité même de Cheikh Tidiane Sy qui avait été entamée le 19 mars dernier, lorsque le ministre était monté au créneau à la télévision publique, pour dénoncer « un complot visant à la réalisation d’un coup d’Etat », qui aurait été fomenté par des jeunes de l’opposition. Quelques jours plus tard, la position officielle change et le gouvernement se rétracte, annonçant que qu’il n’était pas possible « de dire avec certitude qu’il s’agissait d’un complot ».

vendredi 29 avril 2011

Situation en Côte d'Ivoire après Gbagbo

Les trois défis d'Alassane Ouattara
Alassane Ouattara, le 6 janvier 2011 
Alassane Dramane Ouattara
 
Par Christophe Boisbouvier
 
Il y a huit jours, le 11 avril 2011, le régime de Laurent Gbagbo tombait au prix de plusieurs centaines de morts. Quelles priorités pour la reconstruction ? Quels sont les pièges à éviter ? La tâche est d’autant plus difficile que le président Ouattara n’est pas en état de grâce.
C'est le cadeau empoisonné de Laurent Gbagbo à Alassane Ouattara : une Côte d'Ivoire déchirée, et une ville, Abidjan, dévastée par la guerre. La capitale économique est aujourd'hui livrée aux pillards de tous poils : les combattants pro-Ouattara, les évadés de la prison de la Maca, la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan. Des pillards bien armés entrent dans les maisons sous les yeux des habitants et vont jusqu'à desceller les lavabos.
Pas d'état de grâce, donc. Les PME sont fermées, quand elles n'ont pas été pillées. Et leurs patrons se cachent ou sont partis en exil. Jean-Louis Billon est le président de la Chambre de commerce d'Abidjan. Il dirige le groupe agro-industriel Sifca. Pour lui, il y a trois priorités : rétablir la sécurité, en redonnant la main aux forces régulières, rouvrir l’école et mettre fin à l’anarchie dans les grandes écoles et l’université, restructurer les grandes filières (café, cacao, hévéa, etc.). Sous-entendu : traquer la corruption qui gangrène ces filières.
La France débloque 400 millions d'euros
Depuis quelques jours, les taxis roulent à nouveau sur les grands axes d’Abidjan. Quelques bus également. Des journaux reparaissent. Pour le président Ouattara, la priorité est de rétablir l'électricité partout, de faire rouvrir les banques et de les approvisionner en billets. Il lui faut du cash.
La France, via l’AFD, l’Agence française de développement, vient de débloquer 400 millions d'euros pour aider le nouveau régime à payer les arriérés de salaires des fonctionnaires et les dettes de l'Etat à l'égard des PME. L’Union européenne s’est engagée sur 200 millions d’euros et la Banque mondiale sur 100 millions. « Cette aide d’urgence, ça amorce la pompe, mais ce n'est pas assez, affirme Jean-Louis Billon. La Côte d’Ivoire a arrêté son processus de développement il y a quinze ans. Il nous faudra beaucoup plus d’aide, et des abandons de dette. Les institutions de Bretton Woods doivent aider la Côte d’Ivoire à atteindre le point d’achèvement des PPTE (pays pauvres très endettés, ndlr) ».
« Notre plus grosse difficulté, c’est de reconstruire notre cohésion sociale »
Le piège serait de croire que la reprise n’est qu’une affaire de gros sous. La guerre civile est passée par là. L'élection aussi. Ouattara : 54%, Gbagbo : 46% (28 novembre 2010). La Côte d'Ivoire est coupée en deux. D'où cet avertissement de Jean-Louis Billon : « Aujourd’hui, notre plus grosse difficulté, ce n’est pas de relancer notre économie, c’est de reconstruire notre cohésion sociale, car beaucoup d’hommes politiques ont soufflé sur les braises de la division ».
Cela dit, le pire a peut-être été évité. Heureusement, Laurent Gbagbo n'a pas été tué lors de l'assaut de sa résidence, le 11 avril. Il n'y a donc rien d'irréparable entre les deux camps. Et lorsque le président Ouattara lance l'idée d'une Commission vérité et réconciliation, beaucoup d'Ivoiriens tendent l'oreille dans l'espoir qu'il y aura, comme disait hier le journal Fraternité Matin, « le pardon et la paix ».