mardi 8 mai 2012

Présidentielle française

   le vote des Français résidant en Afrique

Les affiches officielles des candidats à la présidentielle française 2012, François Hollande (PS) (gauche) et de Nicolas Sarkozy (UMP).
 François Hollande (PS) (gauche) et de Nicolas Sarkozy (UMP).

Un peu plus d'un million des Francais établis hors de l'hexagone ont voté lors du second tour du scrutin présidentiel, dimanche 6 mai 2012. Selon les chiffres publiés sur le site du ministère des Affaires étrangères, les Français de l'étranger ont majoritairement voté pour Nicolas Sarkozy avec 53,6% des suffrages contre 46,95% pour François Hollande. Dans les grandes villes africaines, les Français étaient plus partagés.

Les grandes villes africaines totalisent un peu plus de 21% du corps électoral des Français de l'étranger. Et d'Abidjan à Johannesburg en passant par Niamey, Nouakchott, Libreville ou encore Kinshasa, c'est le président sortant qui arrive en tête. Dans la capitale économique ivoirienne, Nicolas Sarkozy domine son adversaire avec plus de 65% des voix. En Afrique du Sud, son score dépasse même les 68% des suffrages exprimés.
Enfin à Libreville au Gabon, Nicolas Sarkozy est largement devant François Hollande tout comme à Djibouti où le président sortant totalise un peu plus de 60% des voix contre un peu plus de 38% pour François Hollande.
L'Algérie plébiscite Hollande
François Hollande qui a toute fois séduit ailleurs en Afrique. C'est le cas en Algérie où il est littéralement plébiscité avec plus de 87% des suffrages tout comme au Mali avec pas moins 77% des voix. C'est à peu près dans les mêmes proportion qu'il devance le président sortant chez les Français du Burkina Faso. Enfin au Sénégal au Cameroun à Madagascar ou encore en Centrafrique les Français ont, à l'image de leurs compatriotes de la métropole, tourné la page Nicolas Sakozy avec une nette victoire de François Hollande.
Dernier enseignement du vote des Français de l'étranger, une très faible mobilisation avec un taux d'abstension estimé à plus de 57%.

(Source:RFI)

Bénin – Gouvernance


Comment le gouvernement a suspendu un gros contrat unilatéralement
Le mercredi 2 mai 2012, les membres du gouvernement du Bénin étaient en réunion ordinaire du conseil des ministres. D’importantes décisions ont été prises, notamment la suspension du contrat qui lie l’Etat à l’opérateur privé « Bénin Contrôle » dans le cadre de la gestion des opérations portuaires de transit dont le monopole était accordé à ce dernier. Lire le compte rendu de la séance qui suspend le Programme de vérification des importations (PVI) de nouvelle génération.
Le Communiqué du conseil des ministres qui suspend le PVI
Le Conseil des Ministres s’est réuni en séance extraordinaire le mercredi 2 mai 2012, sous la présidence effective du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement.

Au cours de la séance, le Conseil a examiné une communication du Ministre Délégué auprès du Président de la République chargé de l’Economie Maritime des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires, sur le processus engagé par le Gouvernement en vue de la révision du contrat de marché signé le 09 février 2011 entre le Gouvernement du Bénin et la Société Bénin Control SA, dans le cadre de la mise en œuvre du Programme de Vérification des Importations de nouvelle génération (PVI-ng). En effet, contrairement aux objectifs qui ont conduit à la mise en œuvre du programme notamment la compétitivité du Port Autonome de Cotonou, le Programme de Vérification des Importations de nouvelle génération, tel que géré actuellement a été identifié au titre des obstacles qui n’ont pas accéléré cette compétitivité. Par ailleurs, ce Programme n’a pas favorisé l’amélioration attendue du Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng) sur des ressources de l’Etat notamment des ressources douanières. De même, les effets de la mise en œuvre du Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng) ont contribué à une escalade des prix dans les marchés, dégradant du coup le pouvoir d’achat de nos concitoyens. C’est sur cette base que le Conseil des Ministres, à l’issue de sa séance du 25 avril 2012 a décidé d’adresser au Président du Conseil d’Administration de Bénin Control Sa la lettre n° 233/PR/SGG/SGAG3/C du 25 avril 2012 dont la teneur suit :
Objet : Mise en demeure. Monsieur le Président, Notre pays, la République du Bénin a fait le choix de la démocratie et de l’approfondissement de la culture démocratique comme moyens pour la marche vers la prospérité, le développement et le partage. Ce choix fondamental doit s’inscrire dans un cadre d’unité nationale, de stabilité, de paix et de sécurité. Le Gouvernement a intégré à son système de gouvernance, l’obligation de résultat, de reddition des comptes en vue d’éradiquer le règne de l’impunité par des mécanismes de suivi et de contrôle pour sous-tendre les réformes engagées. Le choix fondamental de l’approfondissement de la culture démocratique comme moyen de parvenir à un mieux être de la population, à la prospérité et au développement requiert une attention particulière de la part du Gouvernement qui s’attèle chaque jour à mener une lutte implacable contre la corruption sous toutes ses formes. C’est dans ce cadre constitutionnel, légal et institutionnel que le partenariat Gouvernement / Bénin Control sur le Programme de Vérification des Importations de nouvelle génération (PVI-ng) doit être géré pour se donner l’espoir :
-  de préserver la compétitivité de notre port, c’est-à-dire la nécessité de mettre fin à son isolement ;
-  d’assurer des ressources abondantes à notre Etat ;
-  de préserver le pouvoir d’achat de nos chers compatriotes exposés à une misère sans limite. Comme vous le savez, ce contrat est un contrat purement administratif aux termes duquel l’Etat a décidé de vous confier la prestation de ce service public pour aboutir à ces objectifs. Après bientôt un an de mise en œuvre, les résultats obtenus sont mitigés, appuyés par les mutations qui ont affecté notre pays, notre sous-région, notre continent et notre planète. Pour tenir compte de ces mutations, le Gouvernement a fait le point et décidé de la révision de ce contrat pour préserver les intérêts fondamentaux de notre port, de notre Etat, du peuple et de vous-même. C’est à ce titre que le gouvernement vous a adressé à maintes reprises des lettres ci-après par l’entremise du Ministre Délégué auprès du Président de la République, Chargé de l’Economie Maritime, des Transports Maritimes et des Infrastructures Portuaires :
-  Lettre N°0047.C/MDCEMTMIP-PR/DC/SGM/SP-C du 05 Mars 2012 relative au transfert de la gestion de la filière de véhicules d’occasion dans la sphère régalienne de l’Etat ;
-  Lettre N°0056.C/MDCEMTMIP-PR/DC/SGM/SP-C du 13 Mars 2012 relative à la gestion du partenariat ;
-  Lettre N°0057.C/MDCEMTMIP-PR/DC/SGM/SP-C du 13 Mars 2012 relative à la transmission au Gouvernement des documents relatifs à vos équipements (origine, qualité, prix, etc.) ;
-  Lettre N°0062/MDCEMTMIP-PR/DC/SGM/SP-C du 21 Mars 2012 relative au solde au 29 Février 2012 des honoraires à payer aux bénéficiaires du Centre de Formalité de Transit (CFT). Par ailleurs, même si cela ne vous avait pas été notifié, notre volonté de revoir le contrat est encore justifiée par les remarques ci-après :
-  Le marché vous a été attribué à cause des références techniques de SGS qui dispose d’une bonne expérience dans la mise en place du PVI pour le compte des gouvernements. Mieux, la notification d’attribution définitive du marché a été faite au groupement SGS-BENIN CONTROL ; malheureusement SGS a disparu et les documents que vous produisez ne comportent que BENIN CONTROL qui est sans expérience en matière de PVI. C’est ainsi que nous notons que le contrat a été signé par vous même au nom de BENIN CONTROL SA et non au nom du Groupement SGS-BENIN CONTROL SA ;
-  L’article 49 du contrat donne compétence juridictionnelle en cas de conflit à un tribunal arbitral c’est-à-dire à une juridiction privée alors qu’il s’agit d’un contrat purement administratif de prestation de service public. Par ailleurs, le vendredi 06 Avril 2012, a eu lieu à la Primature une importante séance de travail sur la révision du contrat de PVI entre les responsables de Bénin Control SA et certains membres du Gouvernement accompagnés de leurs hauts cadres. Face à ces multiples lettres de relance et séances de travail, il est regrettable que vous continuiez d’opposer un mur de silence. Mieux, le Conseil des Ministres, lors de sa séance extraordinaire du mardi 10 Avril 2012 tenue sous la présidence effective du Président de la République, Chef de l’Etat, Chef du Gouvernement, a informé notre peuple que ce partenariat gagnant-gagnant doit préserver les intérêts de l’Etat et les vôtres, et a conclu à des insuffisances qui pénalisent l’Etat dans toutes ses composantes et compromettent l’intérêt général à travers la tendance à l’isolement de notre port, l’évolution mitigée des ressources de l’Etat, la flambée des prix dans tous les marchés érodant ainsi le pouvoir d’achat du peuple, des travailleurs et des autres consommateurs de notre chère nation. Face à cette situation et sur décision du Conseil des Ministres, le Secrétaire Général du Gouvernement vous a adressé le 12 avril 2012 une lettre par exploit d’huissier sur les observations du gouvernement et vous a invité par la même occasion à une séance de travail à la Primature pour faire part de vos observations sur les points ci-après :
-  la durée du contrat par type de prestations ;
-  l’inspection avant embarquement ;
-  le Scanning des marchandises : Au regard des menaces de boycott du port de Cotonou par certains pays de l’hinterland (Burkina- Faso, Niger, Mali, etc.) qui s’opposent au scanning des marchandises en transit et destinées à leurs pays, il est apparu nécessaire de revoir le champ des opérations de scanning et de clarifier les modalités de fixation du coût des opérations de scanning des conteneurs. Le Bénin est en effet le seul pays de l’UEMOA à scanner les conteneurs en transit dans ces pays de l’hinterland, lesquels sont décidés à traduire le Bénin devant la Cour de justice et les instances de la commission de l’UEMOA.
-  le suivi électronique du transit ;
-  la nécessité de créer une société d’économie mixte et la nécessité de la prise de participation de l’Etat dans le capital de la nouvelle entité à créer ;
-  les informations documentées sur les éléments ci-après : * Le point des factures non encore réglées par l’Etat, * le point des équipements acquis par leasing ou par financement direct, * le mode de financement ainsi que le plan d’amortissement des investissements, * la structure des tarifs appliqués par Bénin Control SA au titre de ses diverses prestations, * les contrats de sous-traitance. Par ailleurs, il convient de noter que prenant en compte l’évaluation faite des opérations de tracking des véhicules d’occasion et de l’évolution des recettes publiques, le Gouvernement a déjà décidé du retour de l’escorte à l’administration douanière (confère lettre N°0047 du 05 mars 2012 à vous adressée par le Ministre chargé de l’Economie Maritime sur décision du Président de la République) puisque ce type de tracking sur les véhicules d’occasion n’a pas été explicité dans le contrat. Au cas où l’évaluation de la technologie utilisée par Bénin Control SA pourrait servir efficacement l’Administration douanière, des négociations sur les conditions de transfert des équipements de travail de Benin Control à l’Administration de la Douane pourraient être engagées, si vous en convenez. Aussi, convient-il d’examiner les modalités de formalisation dans le contrat, des prestations de la société ATRAL SA, initialement non prévues. Au cours de cette réunion du 16 Avril 2012 à la Primature, nous avons noté à travers vos réponses évasives que vous faites du dilatoire devant le peuple qui continue de souffrir. Face à ce constat, le gouvernement, par son Secrétaire Général vous a adressé une lettre, en date du 16 Avril 2012, aux fins de recevoir votre réponse écrite sur les observations au sujet de la mise en œuvre du contrat de PVI ainsi que des informations documentées sur quelques données de gestion. Une fois encore, à la séance du jeudi 18 Avril 2012 à la Primature avec les membres du gouvernement, vous avez continué à ériger un mur de silence. Et comme si cela ne suffisait pas, vous vous êtes précipité d’aller déposer deux scanners à l’aéroport dans des conditions qui n’ont pas été portées à la connaissance du gouvernement alors que cette transaction devrait être du ressort de la société d’économie mixte, conformément à nos dernières exigences. Face à tous ces agissements, le gouvernement a décidé de prendre ses responsabilités en vous mettant en demeure de répondre au plus tard le vendredi 27 Avril 2012, à toutes les préoccupations soulevées tant dans les lettres qui vous ont été adressées dans le cadre du dossier PVI que celles notées au cours des différentes séances de travail. Votre réaction doit être adressée au Secrétariat Général du Gouvernement, le vendredi 27 avril 2012 à 18 heures au plus tard. Toute défaillance de votre part, conduira le Gouvernement à suspendre provisoirement ce partenariat jusqu’à la mise à sa disposition des données lui permettant d’apprécier un certain nombre de paramètres de gestion devant contribuer à l’ajustement harmonieux de ce contrat administratif indispensable à la poursuite de sa mise en œuvre. Dès réception des informations à vous demandées et confirmées par une contre expertise, le Gouvernement ouvrira à nouveau avec vous, des négociations qui permettront de tenir compte à la fois de vos intérêts et de l’intérêt général dans sa volonté d’insuffler une cogestion équitable à ce partenariat basé sur la prestation de service public. Le contrat ne sera pas rompu, mais il sera provisoirement suspendu jusqu’à la réception des informations et documents réclamés. La rupture ultérieure de ce partenariat dépend donc de vous. Vous auriez dû constater que depuis le 20 Avril 2012 le Gouvernement a décidé de transférer vos rémunérations au Trésor Public en attendant que vous apportiez les informations demandées qui lui permettront de se faire une idée exacte de vos prestations et de leurs coûts. Malheureusement vous semblez ne pas comprendre ce message du Gouvernement et vous continuez votre activité en esquivant les réponses et les rencontres par des méthodes dilatoires. Le gouvernement est décidé à préserver le port, premier poumon de l’économie béninoise suivi du coton. Dans l’espoir que vous ferez droit à la présente qui tient lieu de mise en demeure, le Gouvernement vous assure que c’est au nom de la démocratie qu’il tient à vous la faire parvenir dans un esprit de contradictoire car de plus en plus vous apparaissez comme un citoyen décidé à braver, humilier un gouvernement et à faire le choix suicidaire de la déstabilisation des institutions de la République. Il s’agit là d’une option non recommandable à laquelle il faut absolument mettre un terme car elle porte le germe de mettre en péril la paix, la stabilité et la sécurité qui ont toujours caractérisé notre chère patrie. Le Gouvernement s’investit à construire une Nation où les privilèges particuliers ne doivent plus supplanter l’intérêt général. De même, personne n’est au dessus des lois et règlements, ainsi que des Institutions de la République quels que soient les moyens dont il dispose. Veuillez agréer, Monsieur le Président, l’expression de nos sentiments distingués.
Eugène DOSSOUMOU Copie : PR à titre de compte rendu
Cette nouvelle lettre de mise en demeure, est restée toujours sans suite, en tout cas à ce jour, de la part de Bénin Control Sa.
C’est pour cette raison que le Conseil des Ministres, réuni ce jour mercredi 2 mai 2012, en séance extraordinaire, a décidé d’adresser la présente lettre de notification de suspension provisoire du contrat n°20/ MEF/ MPDEPP-CAG/ MDCEMTMIP/ DNCMP du 9 février 2011,
que j’ai l’honneur de vous lire :
Objet : Notification de suspension provisoire du contrat n°20/MEF/MPDEPP-CAG/MDCEMTMIP/DNCMP du 9 février 2011. Références :
-  Lettre n°0200/PR/SGG/C du 12 avril 2012
-  Lettre n°0212/PR/SGG/C du 17 avril 2012
-  Lettre n°233/PR/SGG/SGAG3/C du 25 avril 2012 Monsieur le Président, Par lettre n° 233/PR/SGG/SGAG3/C du 25 avril 2012 valant mise en demeure, le Gouvernement vous a demandé pour une nouvelle fois de lui produire des informations sur les éléments ci-après au sujet du Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng). Il s’agit entre autres de :
-  la durée du contrat par type de prestation ;
-  l’importation avant embarquement ;
-  du scanning des marchandises ;
-  du suivi électronique du transit ;
-  la nécessité de créer une Société d’Economie Mixte et la nécessité de la prise de participation de l’Etat dans le capital de la nouvelle entité à créer ;
-  des informations documentées sur le point des factures non réglées par l’Etat, le point des équipements acquis en leasing ou par financement direct, le mode de financement ainsi que le mode d’amortissement des investissements, la structure des tarifs appliqués par Bénin Control SA au titre de diverses prestations et les contrats de sous traitance.
Cette lettre de mise en demeure fait suite à beaucoup d’autres auxquelles vous êtes resté sans réaction. Or, l’article 48 du Contrat du marché n°20/MEF/MPDEPP-CAG/MDCEMTMIP/DNCMP du 9 février 2011 relatif à la mise en place du Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-ng) dispose que : « toute modification que l’une des parties souhaite apporter au texte du présent contrat est proposée à l’autre partie pour être examinée avec soin. Les parties s’efforcent de parvenir à une solution acceptable, et le cas échéant, la modification proposée peut faire l’objet d’un avenant qui est annexé au présent Contrat ».
En vous adressant toutes ces correspondances, l’objectif du Gouvernement est de vous convier à un dialogue en vue de la révision dudit contrat dans le sens de la préservation et de la sauvegarde des intérêts bien compris réciproques des deux parties c’est-à-dire l’intérêt général de la Nation et vos propres intérêts en tant que partenaire, car à l’issue de la séance du 25 avril 2012, le Conseil des Ministres, par mes soins, vous a fait part d’un certain nombre de problèmes liés à la gouvernance du Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng) après un an de mise en œuvre. Ces problèmes peuvent se résumer comme suit :
1. contrairement aux objectifs visés en l’initiant, le Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng), tel qu’il a été géré, est identifié comme un des facteurs concourant au ralentissement de la compétitivité du Port de Cotonou ;
2. Le Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng) n’a pas contribué à améliorer les recettes de l’Etat, en l’occurrence les recettes douanières ;
3. Le Programme de Vérification des Importations de Nouvelle Génération (PVI-Ng), par sa mise en œuvre, a plutôt contribué à renchérir le coût de la vie et la dégradation du pouvoir d’achat des populations.
Dans ses correspondances, le Gouvernement vous a fait part de sa volonté d’une cogestion avec vous pour lui permettre de maîtriser les différents coûts et garantir la meilleure gouvernance du Programme.
Cette démarche participe de l’approche qui caractérise le partenariat du Gouvernement avec d’autres acteurs portuaires, notamment le SEGUBE.
Malheureusement, le Gouvernement note et déplore le manque de dialogue et un manque de communication entre lui et Bénin Control Sa ; ce qui l’empêche de répondre à ses obligations de reddition de compte à la Nation Béninoise.
C’est pour corriger cet état de chose que le Gouvernement vous a mis en demeure de produire à son Secrétaire Général pour le 27 avril 2012 au plus tard, vos réponses aux préoccupations soulevées tant par les lettres que pendant les séances de travail afin d’insuffler à ce partenariat, une nouvelle dynamique qui intègre l’intérêt général et vos intérêts propres.
En l’absence de votre réaction à ce jour, et face à votre refus délibéré de collaborer et de dialoguer, le Conseil des Ministres se trouve obligé de suspendre provisoirement dès le lundi 07 mai 2012 le contrat du marché n°20/ MEF/ MPDEPP-CAG/ MDCEMTMIP/ DNCMP du 9 février 2011.
Dès que vous auriez transmis vos réponses au Secrétaire Général du Gouvernement avec les informations et documents demandés et après contre expertise de ceux-ci, le Gouvernement se propose d’ouvrir avec vous de nouvelles négociations, si vous en avez convenance, en vue des ajustements nécessaires pour un contrat révisé qui tienne compte de l’intérêt général de la Nation ainsi que de vos intérêts particuliers.
Notre Nation est décidée à œuvrer à la consolidation de la paix, de la sécurité et de la solidarité, et doit s’engager dans la meilleure gouvernance à tous les niveaux pour lui permettre de gagner le pari du développement et de l’émergence.
Le Gouvernement s’investit à construire à chaque jour, une Nation où les intérêts particuliers ne sauraient supplanter l’intérêt de la République. De même, personne n’est au-dessus des lois et règlements ainsi que des Institutions de la République quels que soient les moyens dont il dispose.
Dans l’espoir que vous ferez droit à la présente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de mes sentiments distingués.
Eugène DOSSOUMOU
Copie : PR à titre de compte rendu.
Fait à Cotonou le 2 mai 2012 Le Secrétaire Général du Gouvernement,
Eugène DOSSOUMOU

mercredi 18 avril 2012

Mali – difficulté de retour à la paix


Climat de tension après la vague d’arrestations d’hommes politiques
 
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Le climat est tendu à Bamako après la vague d’arrestations de poids lourds du monde politique malien par des hommes armés de l’ex-junte depuis lundi dernier. Alors que le nouveau Premier ministre malien de transition Cheick Modibo Diarra consulte ce mercredi 18 avril 2012 en vue de former son gouvernement, les proches de l’ancien chef de gouvernement Modibo Sidibé sont sans nouvelles de lui et on ne connaît pas les raisons de son incarcération ni celle des autres détenus.
 
Près de vingt-quatre heures après son arrestation de nuit à son domicile par des hommes armés, les proches de Modibo Sidibé, très inquiets, n’avaient toujours aucune nouvelle de lui.
Impossible d’établir le moindre contact avec l’ancien Premier ministre détenu dans le camp des ex-putschistes de Kati. Impossible de connaître également les raisons de son incarcération, tout comme celle des autres détenus de l’ex-junte.
Une situation dénoncée par le nouveau président intérimaire, Dioncounda Traoré : « J’ai aussitôt saisi le capitaine Sanogo pour dire que dans un Etat de droit, ce ne sont pas des choses qui se font. Et en premier, de s’occuper de la question. Je pense donc que c’est un problème qui va trouver son dénouement. »
Pour protester contre cette troisième arrestation de Modibo Sidibé, mais aussi celle de Soumaïla Cissé, du directeur général de la police, de l’ancien ministre de la Défense et de l’ex-chef d’état-major d’Amadou Toumani Touré, des jeunes hostiles à la junte ont décidé de manifester ce matin sous les fenêtres de l’hôtel Salam, où séjourne actuellement Dioncounda Traoré.

Cheick Modibo Diarra nommé Premier ministre, d’autres personnalités visées par des enquêtes

Le Mali a un nouveau Premier ministre en la personne de l'astrophysicien Cheick Modibo Diarra. Sa nomination intervient alors que lundi 16 avril 2012 au soir et mardi matin plusieurs personnalités politiques, dont Cheick Modibo Sidibé et Soumaïla Cissé, et des chefs militaires ont été arrêtés. L'ex-junte a précisé mardi soir, dans un communiqué, que les personnes arrêtées faisaient l'objet d'enquêtes de police judiciaire «sur la foi d'indications précises et d'informations graves et concordantes».

Les soldats n'ont pas encore lâché les rênes du pouvoir à Bamako. La désignation de Cheick Modibo Diarra ainsi que la vague d'arrestations de leaders politiques et de chefs militaires démontrent avec force que, jusqu'à nouvel ordre, l'essentiel de l'autorité se trouve toujours au camp Soundiata Keita de Kati.
C'est dans cette enceinte militaire qu'ont été conduites toutes les personnalités arrêtées et c'est encore là que se trouvait mardi 17 avril, en début de journée, le futur Premier ministre. Cheick Modibo Diarra est en effet le choix de l'ex-junte et de la Cédéao bien plus que celui des politiques maliens. Parmi ces derniers, certains considèrent d'ailleurs avec ironie que cet astrophysicien connaît bien mieux les problèmes de Mars que ceux du Mali.
Un astrophysicien Premier ministre du Mali
A 60 ans, Cheick Modibo Diarra est avant tout connu pour avoir fait partie de l'équipe de la Nasa qui a fait atterrir une sonde sur la planète Mars. Il obtient à cette époque la nationalité américaine. Il deviendra ensuite le premier directeur général de l'université virtuelle d'Afrique basée à Nairobi. Il est depuis 2006 président de Microsoft Afrique.
Nommé ambassadeur de bonne volonté de l'Unesco, il parcourt le monde. Mais Cheick Modibo Diarra n'en est pas moins malien. Natif de Segou, il s'est lancé l'an passé dans la politique. En vue de la présidentielle qui devait se tenir ce 29 avril, il crée son parti politique le RpDM, le Rassemblement pour le developpement du Mali. Dans la presse malienne, il affirmait sentir l'aspiration du peuple au changement.
Selon des témoignages de proches, Cheick Modibo Diarra est un homme affable qui sait soigner son image. «Les gens croient que je suis allé sur la planète Mars» aime-t-il raconter, croyant à la force des apparences. Cheick Modibo Diarra connaît bien Blaise Compaoré le médiateur de la crise malienne. Frère de l'ancien vérificateur général du Mali il est également le gendre de Moussa Traoré renversé par un coup d'Etat en 1991. C'est à la suite d'un autre coup d'Etat qu'il est aujourd'hui propulsé à la primature.
Instaurer un climat de terreur
Au sein de la classe politique malienne on estime que l'objectif inavoué des rafles lancées lundi soir est d'instaurer un climat de terreur pour permettre aux militaires de se maintenir au pouvoir.
Dioncounda Traoré président intérimaire s'est entretenu avec le capitaine Sanogo au sujet des arrestations. Le reportage de notre envoyé spécial
Près de 24h après son arrestation par des hommes armés, de nuit à son domicile, les proches de Modibo Sidibé, très inquiets, n'avaient toujours aucune nouvelle de lui. Impossible d'établir le moindre contact avec l'ancien Premier ministre détenu dans le camp des ex-putschistes de Kati. Impossible de connaître également les raisons de son incarcération... une situation dénoncée par le président intérimaire Dioncounda Traoré...
La première victime collatérale de ces arrestations est Dioncounda Traoré. Les militaires du CNRDRE n'ont pas caché leur défiance à l'égard du président par intérim. Ils ne l'ont pas informé avant de lancer les interpellations et aujourd'hui ils continuent de faire pression pour qu'une autre personnalité soit trouvée pour conduire la transition après la période intérimaire. Si elle n'est pas tranchée auparavant, cette question devrait être abordée le 26 avril lors d'un nouveau sommet de la Cedeao consacré au Mali.
                                                                                                                                           (Source : RFI)

Afrique – Nations Unies

Le Conseil de Sécurité de l’ONU planche sur l’envoi d’une force en Guinée-Bissau

Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira jeudi 19 avril 2012 pour débattre de la situation en Guinée-Bissau, une semaine après le coup d’Etat militaire du 12 avril. La création d’une force d’interposition sous l’égide des Nations unies est une des options préconisées. A Bissau, le PAIGC, l’ex-parti au pouvoir, a appelé, ce mercredi 18 avril 2012, à l’envoi de cette force.
La réunion du Conseil de sécurité a été annoncée par le secrétaire exécutif de la CPLP, Domingos Simões Pereira à l’agence portugaise Lusa. La CPLP, présidée par l’Angola, a voté, deux jours après le coup d’Etat en Guinée-Bissau et lors d’une réunion à Lisbonne, une résolution envisageant la création d’une force d’interposition sous l’égide de l’ONU, en accord avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), l’Union africaine et l’Union européenne.
Depuis, la récente mission de la Cédéao à Bissau n’a pas permis le rétablissement de l’ordre constitutionnel. L’Union africaine a, pour sa part, suspendu la Guinée-Bissau de toutes ses instances et menacé les putschistes de sanctions. Cet exemple a été suivi par la Francophonie qui, à son tour, vient de suspendre ce pays, membre de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) depuis 1979.
Retour en fonction de Carlos Gomes Junior et reprise du processus électoral
Dans une interview accordée à RFI et à l’Agence France Presse, au siège du PAIGC, le secrétaire national du parti, Augusto Olivares, a été très clair : si les militaires sont prêts à rétablir l’ordre constitutionnel comme ils l’ont dit à la Cédéao, ils doivent alors permettre le retour dans leur fonction du président de la République par intérim, Raimundo Pereira, et du Premier ministre, Carlos Gomes Junior, qui ont accédé à ces fonctions par la volonté du peuple.
Selon Augusto Olivares, non seulement Carlos Gomes Junior, qui a été arrêté après l’attaque de son domicile, jeudi dernier, doit être libéré, mais il doit également pouvoir participer au second tour de la présidentielle, puisqu’il en a remporté le premier. « Nous exigeons que le second tour ait lieu », a réclamé le secrétaire national du PAIGC.
Déploiement d’une force de stabilisation internationale
Augusto Olivares a aussi contesté la légalité de la mise en place du conseil national de transition, annoncé ces derniers jours. Cette solution est « anticonstitutionnelle et anti-démocratique », a-t-il souligné.
Il n’a pas non plus hésité à demander le déploiement d’une force de stabilisation internationale dans son pays car, d’après lui, vu l’intervention constante des militaires dans les affaires politiques, seul un appui ferme de la communauté internationale permettra de retrouver le chemin du développement.
De son côté, l’armée a, pour l’instant, une version très différente des choses et ne veut pas entendre parler d’un retour de Carlos Gomes Junior. Dans une interview accordée à RFI et à l’AFP, le lieutenant-colonel Daba Na Walna a averti qu’il ne voulait pas du retour de Carlos Gomes Junior au poste de Premier ministre.
Lors de cette même interview, le lieutenant-colonel Daba Na Walna a par ailleurs esquivé les questions sur la reprise du processus électoral ou encore la formation du conseil national de transition.
Concernant la libération des personnalités emprisonnées, notamment l’ancien Premier ministre Carlos Gomes Junior et le président intérimaire Raimundo Pereira, ils seront libérés quand « les conditions de sécurité seront réunies », a affirmé le porte-parole de la junte, sans plus de précisions.
La force militaire angolaise au banc des accusés
L’armée bissau-guinéenne ne veut manifestement pas se retrouver avec, sur son sol, des troupes qui l’empêcheraient d’intervenir comme elle le souhaite dans la vie politique. Le discours qui est déroulé par l’état-major bissau-guinéen depuis le coup de force sur la Missang - la Mission de coopération militaire angolaise déployée en mars 2011 dans le cadre d'un accord technico-militaire sur la réforme de l'armée et forte de quelque 700 hommes - en dit long.
Daba Na Walna, porte-parole de la junte, a une nouvelle fois mis en cause Carlos Gomes Junior, l’accusant d’avoir « remis aux autorités angolaises une lettre secrète dans laquelle il demanderait au secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, d’envoyer une force militaire en Guinée-Bissau » et accusé l’Angola d’être « un pays expansionniste […] qui veut transformer la Guinée-Bissau en une province, en une colonie angolaise. Elle est en train de trop étendre son influence », a-t-il martelé.
Les militaires bissau-guinéens ont déclaré avoir déposé Carlos Gomes Junior parce que, selon eux, les troupes angolaises étaient prêtes à se mettre à son service et donc, de fait, à le protéger contre sa propre armée.
L’Angola dispose en Guinée-Bissau d’intérêts économiques importants, en particulier un projet d’exploitation d’une mine de bauxite dans la région de Boé, dans l’Est, et de construction d’un port en eau profonde à Buba, dans le Sud.
Face à la polémique, l’Angola avait annoncé, avant le coup d’Etat, le retrait de ses troupes, mais celui-ci n’a toujours pas commencé.
                                                                                                                                           (Source : RFI)

France – Afrique, malgré la présidentielle en France

Le Sénégal bénéficie d'un prêt de 
130 millions d'euros

Le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, et le président sénégalais Macky Sall à l'Elysée ce 18 avril
 En cette période électorale, Nicolas Sarkozy a reçu à l'Elysée le nouveau président sénégalais, ce mercredi 18 avril. C’est la première visite officielle de Macky Sall en France depuis son élection le 25 mars dernier. A l'issue du déjeuner, la France et le Sénégal ont signé un accord de défense ainsi qu'une convention de prêt de Paris à Dakar d'un montant de 130 millions d'euros.
   
Macky Sall et Nicolas Sarkozy ont donné, en début d'après-midi ce mercredi, une conférence de presse conjointe au palais de l'Elysée. Le président français a salué la bonne tenue de la démocratie sénégalaise.
Nicolas Sarkozy, président de la République française
« Après 10 ans sans élection, une nouvelle transition démocratique au Sénégal, c'est une victoire pour l'Afrique. Il faut espérer en l'Afrique, espérer en l'Afrique démocratique avec un homme comme Macky Sall. Et espérer dans l'avenir économique de l'Afrique. »
Le président sénégalais nouvellement élu s'est ensuite exprimé. Il a d'abord tenu à remercier la France pour son aide financière et a également demandé au président français de soutenir le Sénégal dans sa « politique de transparence ».
Macky Sall, président du Sénégal
« Je voudrais vous remercier surtout pour l'aide budgétaire de 130 millions d'euros [...]. Parce que dans le contexte dans lequel j'ai hérité du Sénégal, c'est un gros ballon d'oxygène que vous me donnez et que vous donnez au peuple sénégalais. »
                                                                                                                                        (Source : RFI)