mardi 7 août 2012

Diplomatie française

L’Ambassadeur Jean-Paul Monchau parle du Bénin
SEM. Jean-Paul Monchau est l’Ambassadeur de la République française au Bénin depuis le 21 juillet 2011. Pour un bilan de douze mois d’activités, il fait ici un tour d’horizon de la coopération entre les deux pays. Occasion pour lui de se prononcer, entre autres, sur la gouvernance au Bénin. Lire l’intégralité de l’interview qu’il a accordée au quotidien « Le Matinal »
Quel état des lieux faites-vous de la coopération entre la France et le Bénin ?
Jean Paul Monchau : Je crois que cette coopération est placée sous le signe de l’excellence. Dans tous les domaines, nous avons des projets en cours, de nouveaux projets qui sortent. Vous savez, le Bénin, c’est le quatrième pays où je représente la France et ce qui me fait vraiment chaud au cœur, c’est l’étroitesse des relations entre nos deux pays, basée sans doute sur des raisons historiques mais, je crois aussi, sur une communauté d’intérêts. Nous avons tout à fait intérêt des deux côtés à faire que la France et le Bénin coopèrent bien dans tous les domaines.
Pouvez-vous nous parler des différents secteurs dans lesquels la France appuie le Bénin ?
Tout d’abord, puisque nous avons une communauté de langue, il nous faut commencer par la coopération culturelle. Au cours de l’année passée, le centre culturel français est devenu Institut français. Il ne s’agit pas seulement d’un changement d’appellation. C’est aussi un renforcement de nos structures. Ce qui est véritablement réconfortant, c’est qu’alors que dans certains pays, des centres culturels français disparaissent, ici au Bénin, nous avons réaffirmé la présence de l’Institut Français à Cotonou mais aussi à Parakou. Nous y faisons passer beaucoup d’artistes béninois. L’Institut français du Bénin est sur le plan culturel un investissement très fort. Mais, ce n’est pas le seul ! Nous travaillons actuellement sur « Regards Bénin ». Cette biennale aura lieu en novembre pour faire la promotion de l’art contemporain. Autre exemple : récemment, un grand auteur franco-congolais, Alain Mabanckou est venu à mon invitation passer une semaine ici au Bénin. J’ai d’ailleurs l’intention d’approfondir les échanges sur la littérature car je trouve qu’il y a au Bénin un intérêt pour les activités intellectuelles, pour la littérature. Il y a d’ailleurs de grands écrivains ici. Sur le plan linguistique, nous avons la chance de partager une langue merveilleuse. L’une de mes découvertes, c’est aussi l’enrichissement de cette langue par les Béninois. Je crois que le Bénin peut être un acteur majeur de la Francophonie. Je ne vous le cache pas, j’ai trouvé que la célébration de la Francophonie était un peu faible au mois de mars dernier. C’est finalement l’Institut français qui a fourni une grande partie du programme. Nos amis suisses ont fait venir des écrivains. Je trouve que côté béninois on pourrait peut-être faire un peu plus pour la célébration de la semaine de la Francophonie. La Francophonie est un drapeau magnifique que nous avons en commun et qui est intéressant non seulement sur le plan linguistique mais aussi sur bien d’autres aspects tel que le domaine politique. A Cotonou, une mission de l’organisation internationale de la francophonie (OIF) est venue faire l’audit de la LEPI. La Francophonie observe des élections dans certains pays, intervient sur des dossiers très difficiles là où il y a des conflits. La Francophonie, c’est donc un trésor que nous avons, qu’il faut absolument chérir et exploiter ensemble pour le bien de nos populations. Ce sera un des axes de travail dans les mois qui viennent. Au niveau de l’enseignement supérieur, nous sommes très présents également, que ce soit à Abomey-Calavi ou à Parakou. Nous avons un grand programme, Appui à la Restructuration et à l’Harmonisation de l’Enseignement Supérieur (Arhes) qui vient de s’achever. A une époque où le Bénin augmente considérablement le nombre de ses étudiants, nous avons œuvré pour que les universités aient un outil de gestion performant de ces étudiants et puissent mettre en œuvre le système Licence Master Doctorat (Lmd). Avec nos assistants techniques, nous travaillons en liaison étroite avec le Ministère de l’enseignement supérieur. Ces dernières années, nous avons construit des salles de classes pour l’enseignement primaire et des écoles normales d’instituteurs. Ces actions que nous menons notamment avec l’Afd doivent servir aux enfants béninois. Je voudrais aussi que les Béninois sachent l’effort qui est fait par la recherche française au profit du Bénin. Il faut savoir que, loin de diminuer ses effectifs de recherche, la France a augmenté le nombre de chercheurs présents au Bénin. Nous en sommes à vingt sept (27) chercheurs expatriés par l’Institut de Recherche pour le Développement (Ird) et le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement (Cirad). C’est un investissement, c’est un effort énorme. Nos chercheurs sont intégrés à des organismes de recherche béninois, nous travaillons ensemble. Ce n’est pas la France qui vient imposer quoi que ce soit, c’est la France qui travaille avec des chercheurs béninois sur certains sujets comme le paludisme, sur le climat, l’océanologie, la recherche sociale en milieu urbain. Certes, cela se voit moins que la construction d’un bâtiment. Nous, nous aidons à former les chercheurs et les cerveaux béninois de demain. C’est un investissement d’avenir qui produira forcement ses fruits à long terme. Dans le domaine de la sécurité et de la défense, il y a un an, on s’inquiétait beaucoup de l’insécurité maritime. Au premier semestre 2011, il y avait beaucoup d’actes de piraterie au large du Bénin. Le Dr Boni Yayi a soulevé ce problème au niveau du Conseil de sécurité des Nations Unies et les partenaires ont travaillé sur le sujet. Des navires français sont venus, on a organisé ici une grande rencontre - le séminaire Asecmar - qui a permis à toutes les marines de la sous-région de se rencontrer et de pouvoir progresser. Il nous reste des choses à faire avec les Béninois mais ce que je constate, c’est que la piraterie a sérieusement reculé. Il faut s’en féliciter parce qu’il y avait une menace sur les eaux béninoises et par ricochet sur le Port de Cotonou. Nous allons continuer. Il faut que le Sémaphore de Grand-Popo, équipé par la France, soit mis en service. Nous avons également ici des spécialistes qui travaillent avec l’Ocertid dans la lutte contre le trafic de drogue qui menace aussi le Bénin. Nous travaillons étroitement avec les autorités béninoises et nous allons amplifier cette coopération de sécurité et de défense. Au niveau de la santé, nous sommes présents depuis très longtemps. Cette année, nous démarrons un très gros projet. A la suite du G8 de Muskoka (Canada), 500 millions d’euros ont été dégagés par la France au niveau mondial et le Bénin va en recevoir 15 millions pour ses programmes sur la santé de la mère et de l’enfant. Il s’agit de faire en sorte que dans ce pays, les accouchements se déroulent dans de bonne conditions, que les enfants en bas âge reçoivent les soins appropriés et si possible que l’on puisse travailler sur le planning familial. Les femmes dans ce pays ont encore pratiquement six enfants en moyenne. Ce sont des chiffres qui dépassent les normes. Je crois qu’il faut trouver les moyens de réduire la natalité. Nous ne sommes pas seuls, ces fonds seront mis en œuvre par l’Afd, l’Unicef, et par le Fnuap. C’est un énorme projet qui nécessite qu’il y ait davantage de sages femmes, davantage de professionnels de santé, davantage d’équipements dans les hôpitaux, pas seulement à Cotonou mais aussi dans l’ensemble du pays. Nous voulons amplifier dans les prochaines années ce que nous faisons déjà dans ce domaine. Ce qui me tient à cœur aussi, c’est la coopération décentralisée. Il faut bien voir que le Bénin attire beaucoup de collectivités locales françaises pour des coopérations décentralisées, des départements mais surtout les communes françaises. En 2013, nous allons organiser les Assises de la coopération décentralisée entre le Bénin et la France et nous aurons l’occasion de faire le point avec le Ministère de la Décentralisation et les communes qui profitent de cette coopération. La coopération décentralisée a un grand mérite : elle met les gens en contact. C’est humain. C’est là que la coopération internationale prend toute sa dimension.
Un mot sur la gouvernance démocratique au Bénin ?
Le Bénin a su, depuis vingt ans tenir des élections dans des conditions jugées à chaque fois convenables. Le constat global, c’est que les élections ici ne donnent pas lieu à des violences, à des manifestations qui n’en finissent pas après les scrutins. Cela veut dire que globalement, la population admet que les choses se passent bien. Et d’ailleurs, les partenaires internationaux du Bénin le disent aussi. C’est un exemple. Depuis plus de vingt ans, il y a des élections et les gouvernements peuvent ensuite se mettre au travail. C’est une chance même si c’est toujours fragile, on l’a vu dans le cas du Mali. Nous devons préserver cette chance là. Maintenant, la gouvernance, ce n’est pas seulement les élections. Je crois que la démocratie est un travail de longue haleine. Nous, les Français, nous avons fait la révolution en 1789 et nous en sommes à notre cinquième république. On voit bien qu’il a fallu très longtemps pour que nos institutions soient complètement stabilisées, qu’elles soient transparentes pour les citoyens. Nos institutions actuelles ont maintenant plus de cinquante ans. Notre Constitution a été adaptée, modifiée à plusieurs reprises. Ce n’est pas impossible parce que les choses évoluent et une Constitution a besoin d’évoluer. Si elle n’évolue pas, elle devient bloquante. Je dis ça parce que j’ai bien vu que l’un des problèmes pour nos amis Béninois à l’heure actuelle, c’est la révision de la Constitution. C’est aux Béninois de le faire. Sans doute, faudra-t-il trouver le moyen institutionnel et forcement démocratique d’adapter cette Constitution qui est souvent citée en exemple. Je pense que c’est bien qu’on débatte. Il me semble que c’est la force d’un pays de pouvoir débattre sur tous les sujets. Les Béninois s’interrogent sur leur Constitution et je suis certain que si nous pouvons aider de manière technique, d’une manière ou d’une autre, à avancer sur ce sujet, nous le ferons en tant qu’amis du Bénin. La gouvernance c’est aussi l’Etat de droit. On voit bien qu’ici, beaucoup de citoyens s’interrogent sur ce qui a pu être fait dans certains secteurs. Je crois qu’il faut aussi faire la part de l’urgence. Par exemple, si la future récolte cotonnière est en jeu, un gouvernement peut être amené à prendre des mesures d’urgence. Ceci étant, sur l’Etat de droit, je crois qu’il y a une situation qui mérite sans doute d’être améliorée. La France est chef de file des partenaires techniques et financiers pour les questions de justice et des Droits de l’homme. Dans ce domaine, ce qui nous frappe, c’est que beaucoup de prisonniers ne sont pas jugés. Si vous allez à la Prison civile de Cotonou, vous voyez qu’il y a des centaines de prisonniers qui sont là pour des durées supérieures à la peine maximale encourue s’ils étaient jugés. J’ai des exemples précis et je ne parle même pas de la situation dans les prisons : la promiscuité, la surpopulation carcérale…Cela nous interpelle du point de vue du droit parce que toute personne a droit à un procès dans un délai raisonnable. Et ce que j’ai pu voir, comme le Président de la République ou le Médiateur de la République, eux même l’on dit, ce n’est pas acceptable. Nous avons une coopération dans ce domaine avec l’Union Européenne et d’autres partenaires. Et ce que nous souhaitons, c’est que rapidement, le nouveau code de procédure pénale soit promulgué et appliqué. Enfin, je voudrais parler de la situation des enfants. Encore trop d’enfants travaillent au Bénin. Je parle notamment du phénomène des « vidomegon ». Le travail des enfants à notre époque est un problème qui doit être traité à la base. Un enfant doit apprendre, doit jouer, mais ne doit pas travailler, sans quoi il passe à côté de son enfance. Il est également nécessaire de lutter contre le trafic des enfants, un drame qui perdure au Bénin.
Quelle est votre appréciation de la gouvernance économique au Bénin ?
D’abord un constat : si on s’en tient au classement Banque Mondiale « Doing Business », le Bénin n’est pas très bien placé. Deuxième constat : le Chef de l’Etat lui-même disait il y a 15 jours quand il était dans les champs de coton « nous sommes les derniers de l’Uemoa en terme de croissance » et je voyais que ça lui faisait de la peine qu’on en soit là. Donc de toute évidence il y a quelque chose à améliorer en termes de gouvernance économique au Bénin. Il n’y a pas de fatalité. L’Afrique connait depuis plusieurs années une croissance forte. Pour 2012, les experts pensent que la croissance du continent africain se situera entre 5 et 6%. Grâce aux efforts qui ont été fait avec les bailleurs, l’Afrique s’est désendettée au cours des dernières années. Il y a 10-12 ans, l’endettement moyen des pays africains était de 125% du PIB. Aujourd’hui on est tombé à 25%, ce qui veut dire que les pays africains pour la plupart sont moins endettés que les pays européens. L’aide internationale finit par produire des effets parce qu’au cours des dernières années, l’aide a été consacrée aux infrastructures, à l’énergie, aux routes, aux aéroports. Regardez les communications entre les pays africains, elles sont devenues beaucoup plus fréquentes et plus faciles qu’avant. Aujourd’hui vous avez des compagnies qui desservent toutes les capitales africaines à partir de Cotonou. Vous avez aussi des sauts technologiques. Le téléphone et Internet permettent de réduire le fossé numérique. Vous avez donc énormément d’éléments qui sont en train de profiter à l’Afrique. Et j’en ajoute un autre qui va produire des effets à partir de maintenant, c’est la démographie. La population africaine augmente, ce qui est un facteur de croissance supplémentaire pour le continent. L’Afrique est le réservoir de croissance de la planète. Il faut donc être optimiste pour l’Afrique. La croissance au Bénin est plutôt de 3,5%. Ca ne suffit pas à faire du Bénin un pays émergent, puisque la population augmente en même temps de 3,5 % par an. Vous augmentez le PIB et vous augmentez le nombre d’habitants, vous avez donc toujours le même résultat, c’est-à-dire 750 dollars par an et par habitant. Pire, la pauvreté a augmenté au Bénin ces trois dernières années. On l’a constaté lors de la « Revue conjointe » entre le gouvernement et les partenaires. Concernant la gouvernance économique au Bénin, le gouvernement et les partenaires se penchent sur la question. La gouvernance économique c’est aussi le port, le coton et l’ensemble des secteurs d’activité bénnois. Pour le port, nous venons de vivre une période assez difficile mais nous venons d’en sortir je crois. Les nouvelles que j’ai, en particulier des opérateurs, tendent à montrer que la situation s’améliore.
Avec la disparition du Pvi ?
Bon, on va voir ce que le gouvernement à l’intention de faire pour remplacer le Pvi. Peut être que le forum économique que prévoit le Président de la République au mois de septembre va aider. Mais je crois qu’au port la situation est en train de s’améliorer doucement. En ce qui concerne le coton, je ne suis pas un spécialiste mais je pense que le potentiel du Bénin n’est certainement pas atteint. Il faut donc voir aussi les nouvelles règles qui seront mises en œuvre dans ce domaine. Pour l’instant on a plutôt l’impression que l’Etat a repris en main le secteur. Mais un secteur économique comme le coton ne peut pas être entièrement aux mains de l’Etat. Il faut trouver un équilibre, dans la privatisation, entre l’Etat qui régule et les producteurs du secteur, afin de permettre à tous les producteurs de développer tout leur potentiel. Néanmoins, ce n’est pas possible qu’un pays comme le Bénin s’arrête aux deux secteurs économiques que sont le port et le coton. Ce pays est fertile. Comment est-il possible que l’agriculture ne soit pas davantage tournée vers l’exportation ? Je crois que les autorités y travaillent ardemment. J’ai entendu qu’une usine de fabrication de tracteurs va être lancée ici au Bénin, financée par l’Inde, il faut s’en féliciter. Dans un pays comme le Bénin, l’agriculture est la base de l’économie. Je suis persuadé qu’il y peut avoir des filières ananas, noix de cajou, karité, etc… qui ne demandent qu’à être développées. Vous avez ici les meilleurs ananas du monde, ça ne fait aucun doute, pourquoi pénètrent-ils si peu le marché français par exemple ? Malgré ses relations séculaires avec la France, le Bénin se tourne vers d’autres pays à l’instar de la Chine…. Il y a tellement à faire qu’il y a du travail pour tout le monde ! Il faut se réjouir qu’après les anciennes puissances coloniales, la France, la Grande Bretagne, l’Allemagne, la Belgique, le Portugal il y ait d’autres partenaires qui viennent en Afrique. Il faut être réaliste, la Chine est en train de devenir l’une des principales puissances au monde, sinon la principale. Et il est tout naturel qu’elle s’intéresse aux autres continents. On a remarqué que les Chinois sont très forts pour construire des infrastructures. C’est précisément de cela dont a besoin le continent africain. Dans d’autres pays africains, la Chine s’est ouvert le marché de matières premières dont elle a besoin pour son économie. Je vous rappelle que la Chine c’est officiellement 1,3 milliards d’habitants qui veulent consommer. Le continent africain est riche de matières premières. C’est un continent riche peuplé de trop de pauvres. Si, grâce ces partenaires, notamment la Chine, l’Europe, la Turquie, l’Inde, le Brésil, on peut transformer progressivement l’Afrique en un continent plus riche, personnellement je n’ai rien contre. C’est la mondialisation qui est en marche, en Afrique aussi. J’ai beaucoup aimé le discours du Président de l’Union africaine, le Dr Boni Yayi, la semaine dernière lors de la 5ème Conférence ministérielle du forum sur la coopération sino-africaine. Il a dit un certain nombre de choses qui marquent bien le partenariat entre une Chine riche de ses valeurs et l’Afrique riche aussi de ses valeurs et qui a sa propre vision du monde. Je crois que ce partenariat, du moment qu’il est équilibré, est bénéfique pour le continent africain. Nous nous en réjouissons. Certaines entreprises françaises et européennes profitent elles aussi de l’arrivée de la Chine en Afrique parce qu’elles connaissent bien le continent africain. Par exemple quand il s’agit de transporter des marchandises de la Chine vers Cotonou, ce sont des entreprises européennes qui le font, les groupes Maersk, Bolloré notamment. C’est une très bonne chose, ça profite à tout le monde. Nous n’avons donc rien contre la présence chinoise en Afrique. Maintenant c’est aux Africains eux-mêmes de fixer les règles du partenariat en préservant leurs intérêts. En tout cas je peux vous dire qu’entre Chinois et Français nous avons des conversations régulières sur l’Afrique au niveau de nos capitales.
Excellence, nous sommes pratiquement à la fin de notre entretien, quel avenir pour la relation entre la France et le Bénin ?
Je considère pour ma part que le passé, le présent et l’avenir tout ça va ensemble. Vous vous souvenez que peu de temps après mon arrivée au Bénin, j’avais pu obtenir une rencontre entre le Président Boni Yayi avec le Président Nicolas Sarkozy. Le 29 mai dernier, le Président Boni Yayi a été le premier président de l’Afrique Subsaharienne à être reçu par François Hollande. C’est très symbolique. Quels que soient les gouvernements il y a une amitié profonde entre nos deux pays et nous observons toujours avec intérêt le modèle béninois : démocratie, stabilité, respect des droits de l’homme. Nous avons la volonté de toujours améliorer les choses pour faire en sorte que le Bénin reste une référence dans la région. Rien n’est parfait, chez nous en France non plus. Pour le bonheur de nos peuples, il faut continuer à entretenir des relations étroites entre le Bénin et la France. Ce que je vois c’est un intérêt commun, des flux humains très importants, des rencontres très fréquentes entre personnes. Il y a 7000 ou 8000 Béninois qui vivent en France et ils ne posent pas de problèmes particuliers, notamment sur les questions d’immigration. On a offert ici des cartes compétence et talents qui permettent à des Béninois de s’installer en France puis de revenir au Bénin et de démarrer un projet professionnel. On en a pourtant placé très peu jusqu’à présent. Pour conclure, je suis optimiste pour les relations entre le Bénin et la France. Les Français peuvent sans doute mieux faire et les Béninois peuvent aussi mieux faire, mais on s’entendra toujours pour le bénéfice des deux populations.
Propos recueillis pour Le Matinal par J.B
Photo du diplomate: http://www.quotidienlematinal.info/local/cache-vignettes/L175xH179/arton40920-826da.jpg

lundi 6 août 2012

Promotion des affaires entre Cotonou et l’Asie


Zomahoun apte à dynamiser l’axe économique Bénin-Japon
SEM. Rufin Zomahoun, nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près l’Empire nippon, avec juridiction sur une dizaine de pays d’Asie et d’Océanie, a présenté ce jeudi 2 août 2012 à Sa Majesté l’Empereur Aki Hito ses lettres de créance. Au cours de la cérémonie, la présence de certaines personnalités économiques influentes dénote des atouts dont dispose le nouvel ambassadeur en vue de dynamiser l’axe économique Bénin-Japon.
Le nouvel ambassadeur du Bénin près le Japon est une forte personnalité dans la société nippone au sein de laquelle il a vécu et étudié pendant plusieurs décennies. Un avantage qui fait de lui un interlocuteur crédible pour ouvrir de nouveaux chantiers économiques majeurs dans le but de dynamiser l’axe économique Bénin-Japon. A preuve, la particularité de la solennité de la cérémonie de présentation des lettres de créance et l’aréopage de personnalités tant économiques que politiques qui y ont pris part. Au nombre de celles-ci, il y en a qui ont un poids économique qui rassure quand à l’aptitude de SEM Rufin Zomahoun à faire de l’axe économique Bénin-Japon une réussite au grand bonheur de l’accélération de la croissance économique au Bénin.
Le Bénin honoré
Sous bonne escorte policière, à bord d’une charrette dorée, tirée par des chevaux impériaux, Son Excellence, Monsieur Zomahoun D. C. Rufin, ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire du Bénin près l’empire du soleil levant a effectué son déplacement bien cadencé, jusqu’à la Cours impériale où il a présenté ses lettres de créance à l’Empereur Aki Hito. Il était accompagné de ses proches collaborateurs, diplomates béninois en poste à Tokyo.
Boni Yayi a le soutien de Aki Hito
Le nouvel ambassadeur, à son arrivée à Tokyo, n’a pas fait un mois avant d’être autorisé à présenter aussi bien les copies figurées au ministère des affaires étrangères et les lettres de créance à Sa Majesté l’Empereur Aki Hito. Aussi, la cérémonie aura duré environ 33 minutes au lieu des 10 habituelles selon la presse nippone qui en a fait une large diffusion. Après avoir reçu le message du président béninois que lui a remis SEM. Zomahoun, l’Empereur nippon a indiqué que Boni Yayi bénéficiera de son soutien tant en tan que président du Bénin que celui en exercice de l’Union africaine. L’empereur Aki Hito, magnifiant le nouveau représentant du Bénin près le Japon, a affirmé qu’en dehors de l’ambassadeur de l’Angleterre près le Japon, Zomahoun est le seul à manipuler couramment la langue des Samouraïs malgré qu’il soit africain. Il lui a exprimé alors toute son admiration face à un exemple atypique de réussite.

 Par Ralf Zinsou


lundi 23 juillet 2012

Vif débat sur l'homosexualité au Liberia

La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, prix Nobel de la paix en 2011, à Monrovia, le 11 novembre 2011.
La présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf, prix Nobel de la paix en 2011

Au Liberia, les sénateurs ont voté, en fin de semaine dernière, un amendement interdisant le mariage homosexuel. Pour que cette loi soit adoptée, la présidente, Ellen Johnson Sirleaf, doit la valider. Plusieurs pays, dont les Etats-Unis, reprochent à la lauréate du prix Nobel de la Paix sa position ambigüe sur le sujet.

La nouvelle politique des Etats-Unis en faveur du droit des homosexuels a donné des ailes à un groupe de militants libériens. En janvier dernier, le Mouvement de défense des droits des gays et des lesbiennes avait déposé un projet de loi pour légaliser l'union entre personnes du même sexe.
Le Sénat a contre-attaqué en fin de semaine en votant à l'unanimité un amendement constitutionnel prévoyant d'interdire le mariage homosexuel. Les sénateurs iront même plus loin en proposant prochainement de criminaliser les relations entre personnes du même sexe. Liwis Brown, ministre de l'Information, semble s'opposer à une telel démarche: «Aucune loi n'a été votée pour l'instant. Notre système bicaméral est composé de la chambre du Sénat et de la chambre des Députés. L'accord des députés est nécessaire pour que la loi soit promulguée et cela ne suffit pas, car la présidente du Liberia doit ensuite l'approuver. C'est ainsi que notre système fonctionne. Et la présidente à déjà déclaré à plusieurs reprises qu'elle n'approuverait aucune loi criminalisant l'homosexualité. »
Le gouvernement libérien a sans doute en tête la nouvelle politique des Etats-Unis, premier partenaire économique du pays. Depuis décembre dernier, Washington prend en considération le respect des minorités sexuelles avant d'attribuer son aide au développement.

mercredi 18 juillet 2012

Union africaine

Nkosazana Dlamini-Zuma élue présidente de la Commission
C'est la fin d'un bras de fer qui durait depuis six mois. Les chefs d'Etat africains, réunis à Addis-Abeba pour le sommet de l'Union africaine, ont élu ce dimanche soir, 15 juillet, le nouveau président de la Commission de l'UA. La ministre sud-africaine de l'Intérieur Nkosazana Dlamini-Zuma l'a emporté au quatrième tour, par 37 voix, sur le Gabonais Jean Ping.
Trente-sept voix à l’issue du quatrième tour de scrutin. Grâce au SMS, le secret du huis clos a été rapidement éventé. Une clameur a accueilli ce chiffre. Les diplomates d’Afrique australe se sont congratulés.
Madame Nkosazana Dlamini-Zuma remporte haut la main cette élection après avoir échoué il y a six mois, ici même, à Addis-Abeba. Elle a été en tête dès le premier tour avec 27 voix contre 24 pour Jean Ping. Au fil des scrutins, le Gabonais a perdu des voix y compris dans son camp, avant de se retirer au troisième tour. Le quatrième tour n’était donc plus qu’une formalité.
La diplomatie sud-africaine triomphe. Le président Jacob Zuma a bataillé ferme pendant plus de six mois pour imposer son ex-épouse à la tête de l’Union africaine, une organisation affaiblie en raison de la rivalité qui opposait les deux camps : l’Afrique australe d’un côté et l’Afrique centrale - soutenue pour l’occasion par l’Afrique de l’Ouest - de l’autre.
Mais la volonté d’en finir avec cette querelle stérile et le désir de doter cette organisation d’un véritable exécutif l’ont emporté sur les autres considérations. Enfin, et c’est notable, pour la première fois dans l'histoire de l’Union africaine, une femme va diriger l'organisation.
En marge du sommet de l'UA, cinq pays se sont réunis pour la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Etaient présents : les leaders de la Tanzanie, de la République centrafricaine, de l'Ouganda, du Rwanda et de la RDC. Ces deux derniers pays ont accepté le principe, exprimé collectivement dans une déclaration, de la mise en place et du déploiement d'une force internationale neutre pour sécuriser la frontière entre les deux pays, et neutraliser les rebelles dans l'est de la RDC.
(Source : Rfi)

lundi 16 juillet 2012

Union africaine

Nkosazana Dlamini-Zuma élue présidente de la Commission
C'est la fin d'un bras de fer qui durait depuis six mois. Les chefs d'Etat africains, réunis à Addis-Abeba pour le sommet de l'Union africaine, ont élu ce dimanche soir, 15 juillet, le nouveau président de la Commission de l'UA. La ministre sud-africaine de l'Intérieur Nkosazana Dlamini-Zuma l'a emporté au quatrième tour, par 37 voix, sur le Gabonais Jean Ping.
Trente-sept voix à l’issue du quatrième tour de scrutin. Grâce au SMS, le secret du huis clos a été rapidement éventé. Une clameur a accueilli ce chiffre. Les diplomates d’Afrique australe se sont congratulés.
Madame Nkosazana Dlamini-Zuma remporte haut la main cette élection après avoir échoué il y a six mois, ici même, à Addis-Abeba. Elle a été en tête dès le premier tour avec 27 voix contre 24 pour Jean Ping. Au fil des scrutins, le Gabonais a perdu des voix y compris dans son camp, avant de se retirer au troisième tour. Le quatrième tour n’était donc plus qu’une formalité.
La diplomatie sud-africaine triomphe. Le président Jacob Zuma a bataillé ferme pendant plus de six mois pour imposer son ex-épouse à la tête de l’Union africaine, une organisation affaiblie en raison de la rivalité qui opposait les deux camps : l’Afrique australe d’un côté et l’Afrique centrale - soutenue pour l’occasion par l’Afrique de l’Ouest - de l’autre.
Mais la volonté d’en finir avec cette querelle stérile et le désir de doter cette organisation d’un véritable exécutif l’ont emporté sur les autres considérations. Enfin, et c’est notable, pour la première fois dans l'histoire de l’Union africaine, une femme va diriger l'organisation.
En marge du sommet de l'UA, cinq pays se sont réunis pour la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL). Etaient présents : les leaders de la Tanzanie, de la République centrafricaine, de l'Ouganda, du Rwanda et de la RDC. Ces deux derniers pays ont accepté le principe, exprimé collectivement dans une déclaration, de la mise en place et du déploiement d'une force internationale neutre pour sécuriser la frontière entre les deux pays, et neutraliser les rebelles dans l'est de la RDC.
(Source : Rfi)

vendredi 13 juillet 2012

Mali-Médias en difficulté

Un journaliste grièvement blessé par des hommes armés à Bamako
Au Mali, le directeur de publication du journal l'Indépendant enlevé jeudi 12 juillet par des hommes armés a été relâché dans la nuit. Saouti Haïdara, âgé de 70 ans, a été brièvement hospitalisé dans la nuit. Il a été battu et violenté par ses agresseurs comme le confirme Mamane Koné, directeur de la maison de la presse qui a rencontré le journaliste dans la matinée.
(Souce : Rfi)

jeudi 12 juillet 2012

Bénin-Développement

Un forum économique pour quoi faire ?

SEM. Boni Yayi, président de la République du Bénin

Le gouvernement béninois projette d’organiser un forum économique dans le but de relancer l’économie nationale. Une initiative salutaire devons nous reconnaître étant donnée la situation économique actuelle du Bénin, faite de morosité et d’amenuisement des ressources publiques. Mais à y voir de près, la question de l’opportunité d’une telle rencontre mérite d’être posée.
Le Bénin aujourd’hui a une économie à taux de croissance très faible, un taux de chômage qui fait peur, un taux d’endettement préoccupant, une balance commerciale traditionnellement déficitaire, un secteur productif quasiment inexistant, une diminution vertigineuse des investissements privés, une présence impressionnante de l’informel, etc. Etant donné ce tableau noir et face à la récession économique qui prévaut actuellement au Bénin, organiser un forum économique se justifie autant qu’on a pu justifier en son temps le forum sur l’accélération de la croissance économique, tenu vers la fin des années 90 au Bénin. Mais pour l’observateur de l’action publique, il est opportun de se demander ce qui a été fait des conclusions du forum sur l’accélération de la croissance économique et quelle évaluation on en a fait depuis lors. Question légitime lorsqu’on sait que le forum économique en vue sera animé, à quelque variante près, par les mêmes acteurs. Seuls le régime au pouvoir aura changé.
Quelle marge de manœuvre ?
Réfléchir sur l’économie béninoise à l’étape actuelle est un exercice à marge de manœuvre limitée. Car, sur trois variables essentielles sur lesquelles s’appuient les spécialistes de politiques économiques pour agir, une seule est manipulable à tous égards par l’Etat béninois. Ainsi, lorsqu’on prend les variables que sont la politique monétaire, la politique fiscale et la politique économique stricto sensu, seule la dernière donne une marge de manœuvre significative au gouvernement béninois.
Pour ce qui concerne la politique monétaire, le Bénin a une marge de manœuvre très limitée, étant entendu qu’il est membre de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa), dont les pays ont en partage le Franc de la Communauté financière africaine (F Cfa). Le F Cfa est garanti par le trésor français et aucune décision y relative ne se prend en dehors des initiatives françaises. Même la lourde machine de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’ouest (Bceao) ne gère quasiment pas le F Cfa qui par ailleurs est arrimé à l’euro à un taux fixe. Toutefois, en tant que banque centrale, elle veille sur la circulation de la monnaie et peut influencer, sous le contrôle de la France, la fixation du taux directeur auquel les banques commerciales empruntent auprès d’elle. Si la Bceao a une marge de manœuvre limitée, il n’est pas exagéré d’affirmer que l’Etat béninois n’en a quasiment pas en terme de politique monétaire. Heureusement pour la « planche à billet », disent les mauvaises langues. Cet état de fait n’est pas forcément un facteur limitant pour le développement économique global du Bénin, mais encore faudrait-il savoir en tirer profit. En effet, la France et l’Allemagne utilisent toutes deux l’euro mais la dernière se porte économiquement mieux que la première.
Sur le plan fiscal, depuis l’adoption du Tarif extérieur commun (Tec), le Bénin a encore cédé une bonne partie de ses prérogatives en matière de politique fiscale. Ainsi, pour un budget qui tire l’essentielle de ses ressources de la fiscalité, c’est sur le consommateur final et les revenus des entreprises commerciales ayant une existence formelle notamment que s’appuie l’Etat pour renflouer sa caisse. Là encore, peut-on affirmer sans se tromper qu’il y a une marge de manœuvre sur laquelle on peut véritablement réfléchir pour sortir le Bénin de la crise si ce n’est pour une pression fiscale plus accrue sur les agents économiques honnêtes.
Pour ce qui concerne la politique économique au sens strict, il n’est point un secret pour personne que c’est à ce niveau que la marge de manœuvre du gouvernement est grande. Il s’agit ici de savoir, entre autres options, si l’Etat béninois veut engager des réformes courageuses au port à l’aéroport et aux frontières pour améliorer ses recettes aux portes ; si le Bénin souhaite réduire sensiblement le poids du secteur informel dans l’économie ; si au Bénin la construction des infrastructures continue d’être la priorité ; si le gouvernement a une magie pour doper le secteur de la production à travers la production agricole suivie de la transformation sur place ; s’il y a de quoi stimuler l’entreprenariat national afin que ses acteurs aient des ambitions au-delà du budget national et des marchés publics ; si le Bénin a un secret pour développer une manufacture locale ou carrément une industrie… Jusque là, le premier contributeur au budget national n’est pas une entreprise de production, mais d’une boîte d’import-export. Et en termes d’exportation, elle fait plutôt de la réexportation. Que pense-t-on de l’affirmation « Un pays sans industrie est un pays sans avenir » faite par Jean-Marc Ayrault, actuel premier ministre français devant l’Assemblée nationale française le 3 juillet 2012 lors de son discours sur la politique générale de son gouvernement ? Il y a donc matière à réfléchir sans inventer la roue. Car, il est fort à parier que tout ce qui se dira à ce forum est du déjà dit mais jamais suivi d’actions concrètes.
Un forum peut-être…
Le Bénin a certainement besoin d’un forum économique. Mais il faut savoir raison gardée. Le Bénin n’a pas besoin d’un forum pour parler du Programme de vérification des importations de nouvelle génération. Encore moins d’une rencontre pour savoir qui a droit à un redressement fiscal ou non. Il ne faut pas non plus perdre le temps à parler de l’organisation de la filière coton qui a déjà une bonne organisation laissée entre des mains pas forcément bien indiquées. A notre sens, il s’agit d’engager une réflexion sur la gouvernance économique du Bénin. Sans oublier la gouvernance administrative au service du développement. Et là, le travail fait par la primature dans le cadre de ses prérogatives en matière d’ « évaluation des politiques publiques » doit être pris en compte. Adam Smith et autre John Maynard Keynes n’ont pas réfléchi sur des cas similaires à celui du Bénin. Il n’y a même pas un modèle béninois établi pour rêver y appliquer une théorie économique classique. Sans oublier que lesdites théories sont en panne même en occident où elles ont vu le jour.  Il n’est donc pas opportun de recourir auxdites théories pour le cas du Bénin. Ici, il faut que ceux qui estiment qu’ils connaissent le b.a.-ba en économie ou en développement, sacrifient un peu de leur temps en restant ouverts aux propositions de spécialistes de tous autres secteurs. L’objectif étant de conduire une réflexion départie de tout préjugé en vue de propositions concrètes pour relancer les activités en général et l’économie béninoise en particulier.
Aubin R. Towanou